Botswana suite

Nous arrivons maintenant à Maun, la principale ville du bord de l’extraordinaire Delta de l’Okavango. C’est de son aéroport que décollent les avions pour survoler le delta, et nous nous offrons cette belle expérience. L’Okavango River est un long cours d’eau (1700 km) qui traverse l’Angola, la Namibie et vient finir sa course ici au Botswana en se répandant dans les plaines de cet immense delta d’environ 200km N-S et 200 km E-O. N’ayant pas d’embouchure sur une mer ou un océan peut-on qualifier l’Okavango de fleuve ?.

Ici terre et eau sont intimement mêlés et la faune y a trouvé un vaste territoire pour s’épanouir. Durant notre vol, nous avons vu nos premiers rhinocéros, des centaines de buffles, des girafes, des crocodiles, des éléphants et diverses antilopes.

Après cette vue du ciel, nous remontons le delta par la route qui le longe à l’ouest sur 200km pour aller traverser l’Okavango à Mohembo avec un ferry rustique mais efficace et d’une maniabilité hors pair avec ses 2 moteurs de hors-bord pivotants à 360°.


Sur l’autre rive nous descendons le long du delta jusqu’à Jumbo Junction où nous partons en mokoro, pirogue africaine à fond plat particulièrement adaptée à la navigation au milieu des roseaux et des nénuphars. Là nous passons tout près d’un groupe d’hippopotames et nous nous sentons tout petits sur ces frêles esquifs. Plus loin, un énorme crocodile qui prennait le soleil nous tourne le dos et s’éloigne…Ce spectacle vu du ras de l’eau et en silence nous a comblés.

 

A midi, nous nous arrêtons au village d’Eretsha agréablement situé autour d’un étang. C’est un village traditionnel avec ses huttes, comme les centaines de village que nous avons vus depuis le début du voyage.

Nous passons l ‘après midi à regarder les habitants vivre. Nous sommes, bien sûr, l’attraction pour les gamins qui eux aussi nous observent sans toutefois nous demander de cadeaux.

Puis c’est Sanga qui vient nous parler de son projet de création d’un camp pour touristes où il proposera des tours en mokoro.A la recherche de fonds pour démarrer ce projet il nous demande si nous ne voulons pas nous associer. Nous passons la nuit sur place et le lendemain il revient nous présenter le dossier qu’il a monté pour avoir notre avis avant de le déposer auprès des autorités. Bonne chance à lui.

A noter l’incompétence des gens de l’office du tourisme de Maun qui nous avaient déconseillés de partir sur la rive gauche, n’étant pas sûrs que nous trouverions une piste carrossable de ce côté ! Ils nous conseillaient de rester rive droite sur la route goudronnée qui s’est avérée bien pire que la piste de terre de l’autre côté.

Le jour de l’anniversaire de Françoise (programmation fortuite??) nous passons à Orapa puis à Letlhakan, les 2 villes où sont installées les principales mines de diamants du Botswana, ce qui en fait les plus importantes pour l’économie du pays (12°/° d’extration mondiale de diamants de qualité). Nous pensions pouvoir en visiter une mais nous n’avons pas pu obtenir de permis ;achat différé pour un autre anniversaire !

Les « pans » sont de grandes plaines inondables où le sol de terre et de sable chargé de sel ne laisse rien pousser. Nous allons au milieu de Sowa Pan pour voir Kubu Island, une île de roche granitique sur laquelle prospèrent de nombreux baobabs géants. Nous la parcourons à pieds et profitons de beaux points de vue sur la plaine.

 

Nous continuons la piste dans le but d’aller voir Chapman Baobab dans le « pan » voisin, mais au bout d’une vingtaine de kilomètres nous croisons un groupe de Sud Africains qui viennent de s’embourber et ont dû rebrousser chemin. Nous les imitons donc, puis au coucher du soleil (d’ailleurs magnifique) nous nous arrêtons au milieu de nulle part et quelque peu perdus. Nous mettons 2 jours pour parcourir une centaine de kilomètres à travers le bush au milieu des acacias qui, bien qu’Alain se soit arrêté de nombreuses fois pour défricher, ont passablement rayé la carrosserie de Vagabond !

Malgré ça, nous continuons sur des pistes pour aller voir Green’s Baobab, un autre arbre remarquable par son ancienneté et sa taille. Une expédition de 1858 menée par Green y avait gravé son nom et celui ci lui est resté. Nous passons à nouveau 24h sans voir âme qui vive et sommes étonnés du silence qui règne la nuit dans le bush.

Le lendemain nous retrouvons le réseau télephonique et apprenons que l’équipe de foot française a gagné, 2 jours auparavant, un certain tournoi de foot en Russie.Nous avons sûrement été parmis les derniers français à le savoir !

Nous allons visiter le Parc National de Makgadikgadi Pan ( si vous n’arrivez pas à le prononcer, ne vous inquietez pas nous n’y sommes pas non plus arrivés) où nous avions réservé un camping. Nous y arrivons en fin d’aprés midi et trouvons l’emplacement du camp vraiment rustique puisque sans eau ni aucun autre équipement qu’un WC. Là encore, la seule présence a été celle d’un vieil éléphant.

Le lendemain nous allons dans la partie intéressante du parc et renouons avec les touristes(majoritairement des Sud Africains). Le parc est bordé par la rivière Boteti qui attire les animaux. Nous y voyons avec toujours autant de plaisir éléphants, girafes, hippopotames, gnous, zèbres, et autres antilopes…

Pour sortir de ce parc, il faut traverser la rivière Boteti et nous avions vu sur la carte qu’un ferry permettait de le faire. Nous arrivons au bord de la rivière et voyons le ferry immobile en son milieu. Le « capitaine » vient nous voir et nous demande plus de 20€ pour la traversée et malgré nos protestations reste inflexible. Nous nous acquitons donc de cette somme et comprenons alors que nous nous sommes faits arnaquer, le ferry étant ancré au milieu et servant de pont d’une vingtaine de mètres de longueur ! (pas de photos car trop énervés).

C’est sur Nata, ville au nord de ces Pans que nous nous réapprovisionons avant de partir sur les bords d’un grand étang peuplé de flamants roses et de pélicans.

La pointe Est du Botswana entre Zimbabwe et Afrique du Sud est à l’écart des circuits touristiques, nous nous y rendons et apprécions ses paysages bien différents du reste du pays.

La rivière Limpopo amène de la verdure et l’eau présente dans le sous-sol a permis l’implantation de grandes fermes d’élevage et de cultures.

Aux alentours du village de Sherwood, nous roulons dans des canyons bordés de grands rochers.

Le grand barrage de Lotsane a été récemment construit et va permettre à toute la région d’avoir accés à l’eau ,lui promettant un bel avenir..

Avant de decendre sur Gaborone (la capitale), nous entrons dans la réserve « Khama Rhino Sanctuary » où pendant notre pause de midi près d’un trou d’eau, nous avons la chance de voir arriver des rhinocéros.Ce sont les premiers que nous pouvons contempler de près;quel plaisir !

Après avoir traversé Gaborone nous nous dirigeons vers la frontière pour passer en Afrique du Sud car nous allons accueillir Sophie, Michael, Thomas et Bastien à l’aéroport de Johannesbourg.

Séance d’étirements d’un héron goliath

    

Le Botswana nous a un peu moins emballés que la Namibie, un peu à cause de sa politique de sélection des touristes par l’argent que l’on aurait mieux comprise si des infrastructures avaient été mises en place. Pour rester dans un Parc National, devoir payer 70€ pour stationner une nuit dans un bush camp sans eau et où il faut prendre sa pelle pour aller aux toilettes est excessif. De même, les pistes ne sont absolument pas entretenues,et le personnel des parcs parfois peu aimable.

Nous nous sommes tout de même régalés de nos rencontres avec les animaux et des paysages, principalement de ceux du Delta de l’Okavango et de ceux des grands pans.