Le Nicaragua

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Le Honduras est classé « rouge » par le ministère des affaires étrangères qui fait circuler des infos alarmistes sur la sécurité des touristes dans ce pays. Nous décidons de le traverser dans sa partie la plus étroite (150 km), près de la côte Pacifique, sans nous y arrêter. Nous passons donc une journée paperasserie et attente aux différents guichets, avec fourniture d’innombrables photocopies pour sortir du Salvador, entrer au Honduras, sortir du Honduras et enfin entrer au Nicaragua. La palme revient à l’agent des douanes très zélée à l’entrée du Nicaragua à qui nous posons un problème insoluble: son formulaire pour enregistrer les équipements de loisir n’est prévu que pour 3 articles et nous en avons bien plus avec nos vélos, notre kayak, nos kites et nos équipements de plein air… Nous attendons plus d’une heure que le sous-chef soumette le problème au chef, qui après nous avoir fait ouvrir le coffre (la 1ère fois depuis le début du voyage) accepte de nous laisser passer.

Nous faisons notre première halte au Nicaragua seulement quelques kilomètres après la frontière, pour profiter du Canyon de Somoto. Accompagnés de Luis, notre guide, nous partons pour une « marche canyoning » de 3h au fond de ces gorges avec quelques sauts dans les marmites suivis de nage entre des paroies de 200 m de haut.

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Pour nous rendre d’Esteli à Leon nous suivons les directives de notre GPS et nous nous retrouvons rapidement sur une piste de terre où nous roulons à allure modérée jusqu’au moment d’aborder une grande descente sur laquelle une averse venait de s’abattre. Au pied de cette descente, un autobus et 2 camions s’étaient mis en travers, incapables de repartir car une couche de terre argileuse avait été répandue, transformant cette partie en patinoire. Nous réussissons à nous immobiliser sur le bord puis allons à pieds, non sans mal, rejoindre les véhicules en perdition pour savoir ce qu’il fallait faire. Réponse: attendre que ça sèche pour retrouver un peu d’adhérence. Après 2 h d’attente, les camions ont pu se dégager et nous avons pu finir cette descente un peu en crabe mais en évitant les fossés.

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Nous sommes alors en pleine campagne et le jour commence à baisser, nous nous arrêtons pour demander à des autochtones si nous pouvons passer la nuit garés dans leur cour, demande immédiatement acceptée. L’entrée est un peu étroite car adaptée aux charettes et pour cette famille (3 générations) c’est vraiment un évènement de découvrir un camping car! quand nous demandons si Leon est loin de chez eux, le père nous répond 4 à 5 h, repris par la fille qui nous spécifie à dos de mule!

Leon est une jolie ville coloniale qui a été le berceau de la révolution au Nicaragua, la ville entière s’étant rebellée contre la famille Somoza, des dictateurs impérialistes, qui s’étaient succédés sur 3 générations.

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Nous allons visiter le musée de la révolution, guidés par un ancien combattant fier de montrer les photos sur lesquelles il apparaît.

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Le pays semble maintenant avoir trouvé une certaine stabilité, aidé par le programme Sandino socialiste mené par le gouvernement Daniel Ortega. Les routes principales sont les meilleures que nous ayons rencontrées jusque là en Amérique Centrale, la majorité des logements y sont bien moins précaires, l’accés à la santé est gratuit ainsi que celui à l’éducation. L’état fournit aussi vaches, cochons et volailles pour subvenir aux besoins d’alimentation dans les campagnes. Bien sur tout n’est pas idyllique car toutes ces aides sont accompagnées de corruptions et les dirigeants s’enrichissent, comme partout, au détriment du peuple….

Nous allons à Leon Viejo, l’ancienne ville de Leon, visiter les vestiges de cette cité fondée au bord du lac Managua en 1524 par les Espagnols, juste en face du volcan Momotombo qui causa son abandon en 1610.

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Nous arrivons à Managua, la capitale, au début des fêtes célébrant l’indépendance des pays d’Amérique Centrale par rapport aux Espagnols (15/09/1821). Ces fêtes s’étalent sur tout le mois de Septembre, dans tout le pays. Nous trouvons la ville en pleine effervescence car c’est l’entraînement pour des milliers de policiers et aussi une journée de parade pour toutes les écoles venues participer, à grand renfort de fanfares, au défilé patriotique commémorant la liberté et l’unité Centroaméricaine.

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La Cathédrale endommagée par un terrible tremblement de terre en 1972 n’a toujours pas été restaurée.

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Nous obtenons l’autorisation de nous installer au port, à côté de la jolie promenade du bord du lac Managua.

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Le volcan Masaya est facile d’accés car la route monte jusqu’au bord du cratère, mais la vue sur celui-ci est réduite par l’importante fumée qui en sort. Elle est accompagnée de gaz toxiques qui interdisent de bivouaquer là.

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Nous nous rendons à la très belle lagune d’Apoyo, formée dans le cratère du vieux volcan du même nom. Là nous entrons à l’auberge  » Fendaci Gaia », une fondation qui a pour vocation de soigner des animaux sauvages blessés et les relacher une fois rétablis. Pour financer cette activité, ils accueillent dans leur lodge des étudiants étrangers à qui ils dispensent des cours d’Espagnol. Nous en profitons pour essayer de corriger quelques unes des plus grosses fautes dues à notre auto apprentissage, en prenant une leçon de 4 h avec une professeur très intéressante.

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Granada est une autre belle ville touristique avec ses rues piétonnes, ses grands bâtiments coloniaux et sa cathédrale. Nous stationnons pour la nuit sur le parking du bureau de la police nationale du centre touristique au bord de la plage du lac Nicaragua, de sa promenade…et de sa discothèque de plein air qui nous tiendra éveillés jusqu’à 3h 30 du matin à grand renfort de karaoké pas toujours mélodieux…

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Nous rejoignons à nouveau la côte Pacifique à Chacocente où une réserve de tortues marines a été mise en place. Chaque jour de grosses tortues viennent pondre sur cette plage sous haute surveillance. Les oeufs sont aussitôt récupérés pour être mis à l’abri dans des sacs de sable pour trois mois d’incubation. Nous avons la chance d’arriver un jour où 276 tortues avaient éclos et à la tombée du jour nous participons à leur remise à l’océan.

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Le très grand lac Nicaragua (150 km de long) entoure l’île volcanique d’Ometepe. Nous nous y rendons en empruntant un petit ferry vétuste, Vagabond coincé entre un camion et …un cercueil. L’arrivée au port de Moyogalpa nous offre une très belle vue sur les volcans Conception (1610 m,actif) et Maderas (1394 m, éteint). Nous faisons le tour de cette île dont seulement une partie des routes est goudronnée ou pavée, le reste empruntant des chemins parfois cahotiques au milieu d’une végétation dense et de plantations de bananiers, manguiers et de maïs parmi les rochers de pierre volcanique. A ces endroits retirés, la population se déplace à pied, en deux roues ou à cheval et est logée un peu plus chichement qu’ailleurs.

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Nous allons randonner dans la réserve de Charco Verde en commençant par la visite d’une serre à papillons, dérogeant ainsi au principe que nous avions depuis le début du voyage de ne photographier que des animaux en liberté.

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Ensuite, nous marchons dans la forêt avec au dessus de nos têtes de nombreux singes et oiseaux, jusqu’à la plage Rancon où nous nous baignons en face d’une petite île.

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La plage Santo Domingo située au point le plus étroit de l’ île, entre les deux volcans, est ventée. Alain en profite pour aller kite-surfer avec pour seuls spectateurs vaches et chevaux.

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De retour sur la côte pacifique nous allons traîner et nous baigner sur les belles plages de Marsella et Maderas, non loin de San Juan Del Sur.

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San Juan Del Sur est la station balnéaire huppée du Nicaragua, au fond d’une jolie baie dominée par une statue du Christ.

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A l’extrême sud, nous allons bivouaquer sur la page du village de pêcheurs El Ostional a quelques kilomètres du Costa Rica.

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Le Salvador

A l’entrée du Salvador nous avons à faire à un douanier accueillant. Sur ses conseils , nous choisissons d’aller en bord de mer et arrivons au village de pêcheurs de Garita Palmera le long d’une grande plage. Ne trouvant aucune structure touristique, nous nous hasardons à demander à une famille de pêcheurs si nous pouvons entrer sur leur propiété (sous les cocotiers à même la plage) pour y passer la nuit, ce qu’ils acceptent immédiatement. A peine installés, un des fils grimpe à un cocotier pour cueillir quelques noix et nous offrir leur eau pour la bienvenue. Ils nous disent que c’est la première fois qu’ils voient un véhicule d’Europe dans leur village et sont fiers de nous recevoir. Le soir ils nous invitent à venir manger du poisson grillé, tout en échangeant sur nos conditions de vie respectives. Encore merci à la famille Gamez.

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Nous nous rendons au Parc National de l’Impossible, les derniers kilomètres au ralenti sur une piste en très mauvais état. Le lendemain nous partons en randonnée en nous joignant à un groupe de gardiens de parcs en formation et bénéficions des enseignements de leur encadrant, qui profite de notre présence pour se renseigner sur la végétation française. Le chemin serpente sous une végétation dense et variée laissant passer juste un peu de lumière. Depuis le mirador nous avons une belle vue sur la canopée puis après une longue descente abrupte nous arrivons au confluent de deux ruisseaux où nous nous baignons. Le retour est assez éprouvant mais ces 4 h de marche dans cet environnement en valaient la peine. De plus là aussi les contacts ont été chaleureux avec ce groupe sympathique, chacun tenant à être pris en photo avec nous. Avant de repartir, Miguel vient nous donner ce petit mot en souvenir.

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Nous montons au « Cerro Verde » pour une nuit sur le parking du Parc National Los Volcanes à 2000 m d’altitude, enfin un peu de fraîcheur. Le matin, nous sommes abordés par deux couples de touristes l’un Américain et l’autre Colombien ( accompagnés d’un guide et d’un agent de sécurité) se prenant en photo avec Vagabond. Après la coutumière visite de « nos appartements » les jeunes mariés Colombiens nous laissent leurs coordonnées et nous invitent à passer les voir lorsque nous serons à Medellin.

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Il faut attendre 11 h pour pouvoir partir grimper sur le volcan Santa Ana, le plus haut des volcans Salvadorien ( 2365 m). En effet la randonnée ne peut se faire qu’encadrée par 2 guides et 2 policiers armés pour éviter tout problème de banditisme. Après plus de 2 h de crapahutage en compagnie animée d’un groupe de jeunes en sortie paroissiale, la récompense est là: nous arrivons au bord du cratère au fond duquel se trouve un lac d’une couleur à rendre Vagabond jaloux. La vue depuis ce sommet est magnifique aussi bien sur ce cratère que sur le Volcan Izalco, et plus bas sur le lac Coatepeque.

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Nous nous rendons à ce lac le lendemain mais nous n’y restons pas car les chemins qui approchent ses rives n’y donnent accès que par des propriétés privées.

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Nous passons le week-end à Suchitoto à côté du lac Suchitlan.

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Nous allons fêter notre anniversaire de mariage( le 39ème…) à l’hôtel-restaurant Los Almendros connu comme un des plus beaux établissements du Salvador. Nous sommes accueillis dans cette vieille demeure magnifiquement restaurée et décorée par les propriétaires Pascal et Joaquim. Pascal est français et nous reçoit chaleureusement en nous parlant de Nîmes où il a eu travaillé. Après un bon repas ils nous invite à profiter de la piscine.

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Le dimanche est une journée consacrée à la fête annuelle du maïs. La place principale est très animée avec les nombreux stands qui s’y sont installés et même les miss locales sont en parade.Une procession se rend à l’église avec de nombreuses offrandes de nourriture. Ici, le maïs a toujours une place primordiale dans les repas et ce n’est pas nouveau puisque les Mayas le vénéraient déjà il ya plus de 1000 ans. Le soir nous assistons à un feu d’artifice de clôture bien fourni.

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Suchitoto a été un centre important de production de l’indigo (le colorant anil est obtenu à partir de la plante jiquilite) qu’ils exportaient à grande échelle vers l’Europe. L’avènement des teintures synthétiques a ruiné l’économie de cette ville mais aussi affaibli celle du Salvador. Le gouvernement a réagi en promotionnant la culture du café mais cela n’a pas bénéficié à Suchitoto car il se cultive sur des terres plus élevées.
A la sortie de la ville, nous allons visiter la cascade « Los Tercios », curiosité géologique. Cette falaise est entièrement constituée de colonnes de pierres hexagonales empilées. Bien que nous soyons en saison des pluies, cette année est particulièrement sèche et le site n’a de cascade que le nom. L’office du tourisme nous a informés que cette visite ne pouvait se faire qu’accompagnés de la police touristique car le site est assez isolé. C’est donc avec deux policiers fortement armés que nous nous y sommes rendus.

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Devant notre étonnement de voir leurs bureaux protégés par des sacs de sable, ils nous expliquent qu’ils sont actuellement nationalement victimes d’attaques à la grenade de la part des narco-trafiquants…. Du coup, nous ne sommes plus certains de faire le bon choix lorsque nous bivouaquons en face de chez eux.

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A San Salvador, la capitale, nous allons visiter la très originale église de El Rosario dont l’extérieur en béton encrassé ne laisse pas deviner la beauté de l’intérieur. Ce sera le seul arrêt que nous ferons dans cette ville car les rues sales et nauséabondes ne nous ont pas incités à la promenade.

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Nous rejoingnons le bord du Pacifique à côté de la Libertad et réussissons à trouver un parking au bord de la plage de Palmercito où nous passons deux jours avec le choix de baignade tonique dans les rouleaux ou plus tranquille dans les piscines aménagées à même les rochers encadrant la plage.

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Nous traversons La Libertad en pleine semaine de la jeunesse et croisons un long défilé en musique et danse. Leurs banderoles revendiquent la non violence car ce mois d’Août a semble t il atteint des records de nombre d’homicides au Salvador (plus de 700 si on en croit les gros titres de la presse).

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Pour un peu échapper à la chaleur et l’humidité étouffantes du bord de mer, nous partons vers les montagnes. Au dessus de 1000 m, nous traversons des Fincas (plantations de café).

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Nous atteignons la laguna de Alégria où nous nous installons au bord du lac de cratère, puis nous en faisons le tour à pieds par un chemin tracé dans les terres sulfureuses.

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Le lendemain nous visitons la jolie petite ville de montagne d’Alégria qui offre de très beaux points de vue sur les vallées et dont beaucoup de maisons sont couvertes de fresques murales.

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En se rapprochant de la frontière du Honduras, nous découvrons un petit village de pêcheurs « Playitas » blotti au fond d’une plage de sable noir.

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