Nous avons enfin pu intégrer les films dans l’article précédent dont un survol des chutes d’Epupa .
Le Parc National d’Etosha est une vaste zone déclarée réserve animalière en 1907 qui s’étire sur 22 912 km². Au nord, ce sont d’immenses plaines de sable et de sel mélangés sur lesquelles s’élèvent des tourbillons de poussière et apparaissent des mirages qui barrent l’horizon. Plus au sud, c’est le bush avec arbustes, arbres et de petits étangs.
Nous l’abordons par l’Ouest à l’entrée de Okaukuejo et allons durant 3 jours le sillonner jusqu’à la sortie Est de Namutoni après avoir passé 3 nuits respectivement à Okaukuejo, Halali et Namutoni et avoir parcouru 600 km de pistes au gré de nos envies car la circulation y est libre. Seule contrainte : l’interdiction de sortir de Vagabond, mesure justifiée au vu des rencontres que nous y avons faites comme cette jeune lionne, apparement mal assurée, qui s’est laissée intimider par le troupeau d’Impalas qui l’ont encerclée. Plus loin, tout près de la piste, nous assistons au repas (et à la digestion) d’un couple de lions qui avaient tué un gnou, probablement dans la nuit précédente.
Ce fut aussi l’occasion de contempler de près nombre d’éléphants, de girafes, de zèbres ainsi que quantité de cervidés et bovidés de différentes races ( Damara dik-dik – Black faced impala – Springbok – Red hartebeest – Kudu – Oryx – Steenbok – Blue wildebeest )
Un enchantement !
Place aux photos…..
Windhoek, la capitale de la Namibie est au centre du pays. Nous étions descendus tout au sud et visons maintenant le nord. Nous choisissons de passer par cette ville pour trouver des magasins bien achalandés afin d’acheter quelques fournitures( fauteuils de camping et un bon zoom pour notre appareil photo). Comme d’habitude, nous visitons la ville rapidement, le musée que nous voulions visiter semble abandonné et n’ayant pas trouvé de charme particulier au centre ville
.
A quelques 25 km au nord nous allons randonner dans le parc Daan Viljoen Game Park et avons la chance de rencontrer une famille de girafes en plus des maintenant habituels oryx,zèbres, springboks et babouins.
Nous arrivons maintenant en pays Herero, un peuple qui a été victime d’un génocide, il y a un peu plus de 100 ans perpétué par les occidentaux. Ils ont détourné la coutume vestimentaire de ces derniers pour affirmer leur identité, les femmes arborant fièrement des robes somptueuses et des chapeaux originaux.
Nous nous approchons du Spizkoppe massif de roche granitique qui s’élève à 1728m au milieu d’immenses plaines. C’est dans ce dernier qu’Alain s’est fait plaisir à VTT, grimpant sur ces rochers arrondis qui offrent une adhérence exceptionnelle, retrouvant les sensations qu’il avait eues aux USA à Moab.
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Une panne de frigo nous a contraints à retourner sur Swakopmund, la ville très touristique que nous avions évitée lors de notre 1er passage en partant de Walvis Bay. C’est la ville la plus proche ( environ 200km de piste) où nous pourrons trouver le thermostat défaillant. Nous y arrivons un vendredi soir et devons attendre jusqu’au lundi l’ouverture du frigoriste. En attendant, nous visitons cette ville et en apprécions l’architecture des anciens bâtiments.
Une première pour nous : nous allons faire les touristes en nous faisant amener en « papa mobile »( c’est ainsi qu’Alain appelle ces 4X4 avec la partie arrière vitrée faite pour promener les touristes tout en profitant du paysage) ; le tour comprenant la location du kayak car nous n’avons cette fois pas amené le nôtre. Nous voilà donc partis pour Pélican Point , à la sortie du lagon de Walvis Bay pour aller faire du kayak au milieu d’une colonie de phoques qui se sont avérés très joueurs.
Thermostat rapidement changé, nous repartons non loin du Spitzkoppe pour le Brandberg point culminant de la Namibie à 2574m. Nous allons visiter les peintures rupestres dites de « La Dame Blanche » datant de plusieurs milliers d’années et selon les spécialistes d’inspiration méditérranéen.
Repartis dans les plaines, une méchante tôle ondulée va venir à bout des silents blocs d’amortisseurs avant, déchiquetant le caoutchouc et découpant la tôle du support.
Alain démonte sur le bord de la piste puis nous passons la nuit sur place. Le lendemain une « locale »qui nous avait déjà vu la veille s’arrête pour nous demander si nous avions besoin d’aide. Alain lui explique le problème et lui dit qu’il faudrait pouvoir ressouder les supports. Elle téléphone au mécanicien du village le plus proche et l’après-midi, il arrive avec groupe électrogène et poste à souder pour une soudure sur place. Une chance que cette dame ce soit occupée de nous car pendant 24 h où nous étions immobilisés, seulement 5 voitures sont passées sur cette piste. Alain n’a plus qu’à remonter et repartir lentement en prenant la direction de Swakopmund où nous savons qu’il y a un concessionnaire Mercedes.
Après achat des silents blocs, Alain les change sur notre emplacement de camping.
Avant de quitter Swakopmund, nous nous arrêtons à un restaurant où nous profitons d’un repas spécial fête des mères avec un orchestre très folk, décidement nous sommes vraiment dans le Far West namibien.
Thermostat rapidement changé, nous repartons non loin du Spitzkoppe pour le Brandberg point culminant de la Namibie à 2574m. Nous allons visiter les peintures rupestres dites de « La Dame Blanche » datant de plusieurs milliers d’années et selon les spécialistes d’inspiration méditérranéenne.
Repartis dans les plaines, une méchante tôle ondulée va venir à bout des silents blocs d’amortisseurs avant, déchiquetant le caoutchouc et découpant la tôle du support.
Alain démonte sur le bord de la piste puis nous passons la nuit sur place. Le lendemain une « locale »qui nous avait déjà vus la veille s’arrête pour nous demander si nous avions besoin d’aide. Alain lui explique le problème et lui dit qu’il faudrait pouvoir ressouder les supports. Elle téléphone au mécanicien du village le plus proche et l’après-midi, il arrive avec groupe électrogène et poste à souder pour une soudure sur place.
Une chance que cette dame se soit occupée de nous car pendant 24 h où nous étions immobilisés, seulement 5 voitures sont passées sur cette piste. Alain n’a plus qu’à remonter et repartir lentement en prenant la direction de Swakopmund où nous savons qu’il y a un concessionnaire Mercedes. Après achat des silents blocs, Alain les change sur notre emplacement de camping.
Avant de quitter Swakopmund, nous nous arrêtons à un restaurant où nous profitons d’un repas spécial fête des mères avec un orchestre très folk, décidement nous sommes vraiment dans le Far West namibien.
Après tous ces déboires, nous repartons à nouveau de Swakopmund vers le nord mais cette fois en empruntant la Skeleton Coast, nommée ainsi à la suite des nombreux naufrages qui se sont produits sur cette côte.
Cette bordure d’océan est connue pour l’épaisse brume matinale qui l’enveloppe et nous n’échappons pas à la règle. Nous évoluons dans un paysage lunaire qui nous enchante, entre océan et dunes blanches, ocres et noires. Nous allons jusqu’à Terrace Bay où 4 maisons de pêcheurs marquent le point le plus au Nord accessible par la route, les visites plus au Nord ne pouvant se faire qu’en avion.
Dés que l’on rentre dans les terres, la température augmente sensiblement et on retrouve peu à peu de la végétation.
Nous passons sur le site d’Organ Pipe où la roche de granit est toute fractionnée en blocs parallélépipèdiques, puis nous nous rendons sur le site d’une forêt pétrifiée. Avant de toucher ces pierres, on a du mal à croire que ce ne sont pas des troncs de bois de séquoias.
Nous continuons notre route et sommes maintenant en territoire majoritairement Himba ; cette ethnie a conservé ses traditions ancestrales,vivant à l’écart de la modernité dans des huttes de branches recouvertes de pisé pour les plus luxueuses, sans eau courante ni électricité, dormant sur des peaux de bêtes à même le sol et avec le feu de bois au centre de la hutte entretenu en permanence pour maintenir la relation entre les vivants et les morts.
Sur les pistes à travers le bush, nous rencontrons des centaines de springboks et pouvons voir aussi des villages Himbas plus ou moins cachés par les petits arbres.
En chemin nous prenons 2 jeunes filles en stop qui attendaient depuis la veille pour se rendre 125 km plus loin à Opuwo pour aller à l’école où elles y resteront 4 mois. D’ailleurs elles parlaient parfaitement l’anglais.
A Opuwo, nous avons la chance de trouver un guide qui accepte de nous amener dans des villages authentiques, un jour chez les Hereros puis le lendemain chez les Himbas. Ce guide étant de père Herero et de mère Himba, connaît les us de chacune de ces ethnies et sait comment négocier avec les chefs de villages afin qu’ils acceptent la visite d’étrangers. C’est ainsi que nous passons par le supermarché d’Opuwo pour acheter 20 KG de farine de maïs et quelques friandises avant de partir dans le bush avec Vagabond. Chez les hereros, qui eux ont accepté la modernité, la visite s’en trouve un peu moins dépaysante.
Par contre, chez les Himbas nous avons été enchantés de notre visite. Nous sommes arrivés à l’impromptu au moment où le chef de village organisait la traite des vaches qui est faite par les femmes. Le chef nous a même autorisés à entrer dans sa hutte où nous avons partagé quelques minutes avec sa femme. Puis ce fut le départ des chèvres et celui des vaches pour le bush, emmenées par les enfants pour les garder. Nous avons été surpris de la grande propreté qui règne partout dans le village et ravis de partager une tranche de vie de ces gens qui nous ont acceptés sans aucune idée mercantile derrière la tête.
A une pause diner, au milieu de nulle part, nous voyons arriver 3 gamins Himbas qui nous font signe qu’ils ont faim, nous leur offrons des pommes et du pain. A notre grande surprise, nous constatons qu’ils n’ont apparemment jamais vu de pommes et ne savent pas comment les manger. Nous leur en coupons une en deux et leur faisons voir qu’ils peuvent croquer dedans, ce qu’ils mettent en application et ne sont visiblement pas déçus par le goût. Par contre ils connaissaient bien le dentifrice !!!
Les chutes d’Epupa sont le point le plus au nord de la Namibie, la rivière Kunene formant la frontière ave l’Angola. Bien que nous nous éloignons de la saison des pluies, les chutes sont spectaculaires et nous passons 2 jours à un camping d’où nous avons un superbe point de vue. La végétation est maintenant dense avec palmiers et baobabs.
Plus à l’est en longeant la rivière Kunene par une piste très ravinée, nous nous rendons aux chutes de Ruacana. Nous avions lu que c’était parmi les plus grandes. Grosse déception car le site était à sec.
En nous approchant du Parc d’Etosha, nous avons la surprise en soirée de voir un éléphant arriver en face de nous sur la route. Dans la précipitation pour le prendre en photo, Alain en oublie de régler la netteté….
Nous nous dirigeons vers Luderitz, port de pêche coincé entre désert et océan. Quelques kilomètres avant d’y arriver, après plusieurs centaines de kilomètres de traversée de désert
nous allons visiter le hameau fantôme de Kolmanskop dont les maisons sont en train de se faire engloutir par le sable. Au début du XXème siècle ce fut une ville prospère grâce à la mine de diamants dont les allemands s’étaient réservés l’exploitation.
D’ailleurs, la ville de Luderitz a des bâtiments de cette époque de style très germanique.
Mais cette ville a aussi un autre attrait pour Alain : c’est un endroit souvent très venté qui accueille depuis de nombreuses années une épreuve du championnat du monde de vitesse en planche à voile et où de nombreux records ont été établis. Alain ne laisse donc pas passer l’occasion d’aller faire du kitesurf, non pas sur le spot de vitesse mais sur l’océan à la grande plage de Agate beach où nous étions seuls.
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Au sud de la ville, nous passons deux jours à sillonner les pistes de la côte de diamant avec de beaux points de vue et la possibilité d’observer, entre autres, flamants roses, pélicans et otaries.
En route pour Fish River Canyon, nous rattrapons un orage et des tourbillons font monter des colonnes de sable ocre à la rencontre des nuages.
Fish River Canyon est un des plus grands au monde, après le grand canyon d u Colorado. Est-il catalogué ainsi pour sa longueur de 161 km, pour sa largeur jusqu’à 27 km ou pour sa profondeur jusqu’à 550 m ? Toujours est il que le spectacle est au rendez vous et nous ne regrettons pas la trentaine de kilomètres de piste que nous avons empruntée pour le suivre sur sa rive gauche, d’autant plus que les circuits touristiques classiques ne s’y aventurent pas. Il est vrai que la piste était par endroit un peu cassante.
Ensuite, c’est par des pistes roulantes que nous rejoignons la sortie aval du canyon au parc Ai-Ais.
Là, nous allons marcher en son fond pour nous donner une idée de ce que ressentent les randonneurs qui le descendent sur 80 km en 4 ou 5 jours. A noter que cette rando encadrée ne se pratique qu’à partir du mois de mai. De retour de cette promenade, nous allons nous détendre dans une grande piscine d’eau thermale à 30°( à la source l’eau sort à 67°).
Nous décidons d’aller maintenant jusqu’à la rivière Orange qui fait frontière avec l’Afrique du Sud.
Dans la vallée de cette rivière, tout un programme d’irrigation a été mis en place, permettant de développer l’agriculture et en particulier la viticulture.
Nous bivouaquons en bordure de la rivière Orange et assistons à un lever de soleil dont l’éclairage sublime la couleur des falaises de la rive sud africaine.
Les « villes »qui se sont formées pour accueillir les ouvriers agricoles sont constituées de rassemblements de maisons précaires sur de vastes étendues de terre battue.
Nous faisons une escale au barrage de Naute Dam où de nombreux pélicans ont élu domicile.
Nous abordons maintenant le désert du Kalahari, qui malgré son nom n’est pas tout à fait un désert car il reçoit un peu plus d’eau, et a donc un peu plus de végétation que les « vrais » déserts. Nous visitons « Quivertree Forest » une forêt d’aloès. Ces plantes tirent profit de la roche volcanique noire qui emmagasine la chaleur. C’est aussi l’habitat des Rock Hyrax (Daman des rochers) un animal endémique d’Afrique.
Dans cette même plaine nous allons découvrir des fossiles de Mesosaurus datant de 250 millions d’années.
Nous nous enfonçons encore un peu plus loin dans le Kalahari parmi les dunes rouge- orangé, là aussi sans voir de touristes ni de blancs pendant 2 jours.
A la sortie d’un village, nous sommes invités à nous arrêter pour assister à une course de chevaux. Le spectacle est haut en couleurs et en exclamations, surtout quand un cavalier, pieds nus et sans aucun équipement, se fait désarçonner juste après l’arrivée. Le vainqueur quand à lui a eu droit à une belle ovation.
En fin d’après midi, nous passons près d’une ferme isolée. Nous allons demander si nous pouvons nous installer pour la nuit à l’entrée de la propriété et nous voilà non seulement invités à rester mais aussi à aller prendre le petit déjeuner le lendemain matin ; tout le charme des rencontres de voyage,ce qui nous montre une fois de plus l’hospitalité des Namibiens.
Difficile de rater l’ancien volcan Brukkaros qui s’élève à 1586m, au milieu d’un immense plateau lui même à 900m d’altitude. Nous randonnons sur son flanc puis après être rentrés dans son cratère par une brèche, nous crapahutons dans la roche volcanique jusqu’au sommet où nous avons une vue à 360° sur des centaines de kilomètres de plaine. Les bivouacs sur ce volcan nous ont permis d’admirer un ciel particulierement étoilé. Pas étonnant que l’on y trouve les ruines d’un observatoire solaire qui avait été installé en 1930.
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Nous avons fait une belle boucle dans le sud de la Namibie et nous nous approchons de Windhoek pour repartir vers le Nord.
Et voilà c’est reparti pour un nouveau continent : l’Afrique en commençant par la Namibie.
La pause en France a été plus longue que nous l’avions prévue mais nos âges avançant, nous avons dû prendre quelques précautions médicales avant de replonger dans le voyage. Nous ne sommes tout de même pas restés les 2 pieds dans le même sabot pendant ces 10 mois.
Tout d’abord, et c’est ce qui avait décidé la date de notre retour en France, la fête de mariage de notre fille Delphine en Roumanie.
Puis s’en sont suivis :
-un tour dans les vosges où nous avions été conviés par les Palathéo pour des retrouvailles bien sympathiques avec des amis de voyage communs : les héraultais Michel et Valentine et les Suisses Christophe et Béatrix.
-Une semaine à Londres chez notre fille Delphine.
dav
-Après avoir récupéré Vagabond, nous avons fait une descente sur la côte d’azur pour retrouver Françoise et Jean, d’autres voyageurs avec qui nous avions fait un bout de chemin en Bolivie.
-Un passage à St Paul Lès Durance pour rencontrer Monique et Eric, encore des voyageurs avec qui nous avions fêté Noël 2016 en Patagonie et que nous avions retouvés plusieurs fois au Brésil.
-Puis nous sommes partis 1 mois en Grèce avec Gérard, le frère d’Alain et Régine sa belle sœur ( eux aussi camping-cariste chevronnés).
-3 semaines au Cambodge avec un petit groupe sympa, guidés par Jeanne Marie une amie de Gérard et Régine.
-Quelques jours à Londres pour revenir avec nos petits enfants Edward et Amanda à Chassagny où leurs parents sont passés les récupérer pour des vacances en France.
-Tout ceci en repassant chaque fois par la France où nous nous sommes partagés entre Uzès chez Elie, le papa de Françoise, chez notre fille Sophie à Chassagny où nous avons bien profité de nos petits enfants Thomas et Bastien et chez Pat et Laurence nos amis de Clarensac.
-Enfin nous sommes allés poser Vagabond à Anvers et de là sommes partis pour une 3ème visite chez Delphine à Londres.
-Il ne restait plus qu’à prendre l’avion pour Windhoek puis un bus pour Walvis Bay, le port Namibien où nous avons récupéré Vagabond.
Dès notre arrivée à Windhoek, la capitale, nous sommes plongés dans l’ambiance africaine : bien qu’il n’y ait qu’un seul avion sur le tarmac, nous mettons 2 heures pour passer le contrôle et avoir nos visas !
Comme à chaque retour sur ce continent, Françoise est émue de revenir sur ces terres qui l’ont vue naître et grandir.
Le lendemain notre bus partira avec plus d’une heure de retard sur l’horaire ce qui aurait provoqué un tollé chez nous, ici personne ne montra de signes d’impatience, continuant à parler et à rire avec une nonchalance qui nous sied particulièrement. A noter que ici, les gens ne se croisent jamais sans se dire « Bonjour, comment ça va ? » même lorsque l’on rentre dans un magasin. Même si c’est superficiel, c’est bien plus agréable que l’indifférence rencontrée chez nous. De plus tous nous souhaitent la bienvenue et de bien profiter de notre séjour en Namibie.
La récupération du camion sur le port s’est déroulée sans problème notable, le véhicule en parfait état ni rien de dérobé.
C’est donc dans un Vagabond tout fringant que nous entamons notre périple Africain.
Nous commençons par emprunter une piste qui longe le lagon de Walvis Bay pour traverser les salins et s’arrêter en bordure d’océan. C’est un endroit réputé pour l’observation des oiseaux. Pour les habitués de Camargue que nous sommes, cela manque sérieusement de dépaysement. Tout y est : Flamants roses, salins, étangs, salicornes et tous les oiseaux communs du bord de mer. Le petit plus ici, ce sont les pélicans.
A quelques kilomètres au nord, nous traversons la ville balnéaire très touristique de Swakopmund. Les tours opérators sont nombreux à proposer balades dans les dunes en quad ou à dos de chameaux , surf sur ces mêmes dunes… Nous passons donc notre chemin pour nous rendre dans le désert, plus précisément dans le parc national de Namib-Naukluft. Alain prend un malin plaisir à emprunter les pistes réservées aux 4X4… Et c’est vrai que cela permet de s’immerger dans ce désert où nous ne rencontrons que très peu de touristes.
La 1ère journée, nous partons sur la « Welwitschia drive », une boucle d’une centaine de kilomètres de pistes poussiéreuses, rocailleuses et sablonneuses. Les Welwitschia sont des plantes sexuées endémiques parmi les plus rares au monde. Elles vivent en plein désert et certaines d’entre elles ont plus de 1500 ans !.
Nous nous arrêtons sur un promontoire rocheux pour un premier essai de notre drone, notre nouveau jouet.
Bon d’accord il va falloir s’entraîner.
A noter que pour le moment nous n’avons pas encore vu d’animaux exotiques si ce n’est ce scorpion qui a traversé la piste sans regarder des 2 côtés !.
1er bivouac, comme on les aime, complètement isolés dans un « bush camp » heureusement situé dans le lit de la rivière asséchée Swakop, le seul endroit où il y a de la végétation.
Nous approchons de montagnes dont l’érosion a mis à nu la pierre noire volcanique qui farde leur crête. Plus loin ce sont de belles roches de granit qui attirent notre attention.
Même en plein désert, nous rencontrons des panneaux de signalisation routière.
Dans cet univers minéral, nous sommes surpris de découvrir un plateau parsemé d’herbe verte ; il a du faire une petite pluie récemment car nous sommes dans un désert des plus arides : il tombe ici en moyenne 20 mm de pluie par an et certaines années il arrive qu’il ne pleuve pas du tout.
Nous traversons maintenant de grandes plaines où nous nous enthousiasmons chaque fois que nous rencontrons les nombreux Oryx, Springbok, zèbres, autruches et quelques plus rares « Blue wildebeest »(gnous bleus) vivant là en totale liberté. A chaque fois , nous sautons sur jumelles et appareil photo.
De petits oiseaux font des nids gigantesques. Ils arrivent à rassembler plusieurs mètres cubes de brindilles pour créer ces nids collectifs (sur combien d’années?).
Les routes que nous empruntons déjà depuis plusieurs centaines de kilomètres ne sont pas goudronnées et celles pour se rendre aux dunes de Sossusvlei ni dérogent pas.
Elles passent par l’oasis de Solitaire, hameau permettant une halte bienfaitrice. Nous roulons donc de grandes distances sur de la tôle ondulée qu’il faut aborder au dessus de 80 km/h pour ne pas trop la subir. Le problème est quand on ne peut pas soutenir cette vitesse pour cause de sinuosité ou d’étroitesse, il faut alors tomber à moins de 20 km/h !.
Notre arrivée au parc de Sossusvlei marque notre 1er arrêt dans un « vrai » camping, avec piscine SVP.
A l’aube nous quittons ce camping pour assister au lever du soleil sur ces magnifiques dunes orangées qui sont parmi les plus grandes du monde (300 m de hauteur). La route qui s’enfonce sur 70 km entre les dunes est depuis l’entrée du parc bien goudronnée puis finit à un parking où les 2 roues motrices ne peuvent continuer. Leurs passagers empruntent alors les services de 4×4 pour aller plus au cœur de ces dunes dans du sable par endroit peu porteur. Après dégonflage des pneus, c’est bien sûr avec Vagabond que nous irons jusqu’au bout.
Le matin, nous sommes montés sur une 1ère dune et avons fait un petit film à l’aide du drone.
L’après midi, nous remettons ça par 35° et en prenons plein les yeux …mais aussi plein les jambes !!.
Une bien belle journée dans un des sites les plus remarquables de Namibie.
Depuis Rio de Janeiro nous entamons notre descente vers le sud pour atteindre l’Uruguay par la côte atlantique. Nous faisons escale à Paraty, petite ville huppée avec son joli port de plaisance qui sert de point de départ pour la visite des nombreux îlots visibles depuis la côte.
Nous continuons en longeant au plus près l’océan, empruntant pour ceci des pistes de terre… ou plutôt de boue, car nous roulons sous une pluie soutenue.
Nous entrons sur l’île de Santa Catarina par un grand pont à partir de la ville de Florianopolis. Pendant quelques jours nous profitons des nombreuses plages qui l’entourent en faisant des balades sous un temps médiocre.
Nous avons été rejoints par Erick et Monique « Les Boulégons » avec qui nous passons d’agréables soirées puis partons en bateau sur le « Lagoa Conceiçao » pour aller nous balader dans la végétation dense qui le borde, sans manquer d’aller jusqu’à une cascade réputée.
Faute d’une superbe chute d’eau, nous pouvons voir une belle chute de reins…. toute brésilienne.
L’ostréiculture est ici très dévellopée et Françoise se délecte d’une douzaine d’huîtres.
Nous faisons une incursion dans la montagne « Serra do Rio Rastro » par une route étroite et très sinueuse. Balade sous le signe de l’eau ! Celle qui tombe du ciel, le brouillard et celle qui regorge de toutes parts. Heureusement, l’après midi, pour notre retour nous bénéficions d’éclaircies qui nous permettent d’apprécier toute la beauté de ces paysages.
De retour sur le bord de l’océan, nous entrons dans le Parc National de « Lagoa do Peixe ». Nous sommes impressionnés par la ressemblance avec la camargue : dunes, étangs, taureaux, chevaux et oiseaux tout y est !
La route de bord de mer est interrompue par l’entrée du « Lagoa dos Patos » et nous devons traverser sur une grande barge pour atteindre Rio Grande.
Nous nous installons sur la plage « Praia do Cassino ». Le lendemain nous sommes rejoints par les « Boulégons » que nous impressionnons avec notre astucieux barbecue.
Nous en terminons avec le Brésil et entrons en Uruguay par la frontière de Chuy. Le Brésil ne nous a pas enthousiasmés autant que chacun des autres pays que nous avons visités. Nous n’y avons pas trouvé beaucoup de sites exceptionnels, surtout rapporté aux kilomètres parcourus. Toutefois, l’insécurité à laquelle nous nous attendions ne nous a pas sauté aux yeux. Nous avons d’ailleurs passé les 2/3 de nos nuits en camping sauvage. Les rencontres avec les autochtones ont toujours été très agréables, même si un peu moins chaleureuses qu’en Argentine (la langue y est sûrement pour quelque chose …).
Mis à part les chutes d’Iguazu (que nous avions visitées précédemment), notre coup de cœur restera pour la côte nord.
Nous voici donc en Uruguay, un petit pays dont le principal attrait réside dans sa bordure océanique, et plus particulièrement pour nous, le port de Montevideo où nous allons mettre Vagabond sur un bateau pour le récuper à Anvers.
Nous visitons d’abord le Parc National Santa Teresa avec sa forteresse bien conservée et ses jolies plages.
Plus loin, nous nous rendons à Aguas Dulces, tranquille port de pêche
puis à La Paloma et son beau phare.
A la Pedrera, nous retrouvons Erick et Monique puis
passons par le phare de San Ignacio.
Nous allons à Montevideo pour rencontrer le transitaire qui prendra Vagabond en charge et visitons le centre ville.
Plus à l’Ouest, Colonia del Sacramento est une séduisante ville coloniale fortifiée sur le bord du Rio de la Plata ,en face de Buenos Aires.
Après avoir pris une piste de terre, nous trouvons une esplanade sympa en bord de mer (malgré son nom, le Rio de la Plata n’est pas un fleuve mais bel et bien un vaste bras d’Océan). Nous y passons une nuit tranquille, mais le matin c’est le branle-bas de combat ! Une épreuve du championnat d’Uruguay de rallye auto sur terre emprunte la piste. Nous nous fondons aux spectateurs pour assister à ce spectacle inattendu.
La dernière semaine nous allons quelque peu tourner en rond en passant notre temps en bord de mer, un peu comme si nous étions déjà sortis de la dynamique de notre voyage. Cela nous a procuré un petit vague à l’âme amplifié par le fait que nous avons été rattrapés par l’automne et que les températures se sont bien rafraîchies. Eh oui en quelques semaines nous nous sommes bien éloignés des tropiques !
Ici, ce n’est pas encore l’agitation de l’Europe, mais ce n’est déjà plus la lenteur et la nonchalance d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud. Nous passons donc par une phase transitoire qui devrait nous éviter un choc à notre retour. La nature participe aussi à nous réaccoutumer à la France : bien qu’il y ait encore des palmiers, les platanes et les pins nous rendent les paysages familiers.
Notre aventure Américaine ne saurait se terminer sans un mot sur notre fidèle Vagabond à qui nous payons une croisière transatlantique : 3 semaines de repos bien mérité après plus de 3 années de sollicitations journalières.
Quant à nous, nous rentrons en avion sur Lyon pour boucler cette première grande étape de notre voyage avec dans nos têtes quantités de souvenirs impérissables des splendeurs de la nature et des nombreuses rencontres chaleureuses que nous avons faites, sans qui notre voyage aurait été beaucoup moins riche.
Esperons que le second sera le bon.
Dernière minute, changement de plan de vol ( Sao Paulo à la place de Rio de Janeiro) à bientôt en France.
A l’occasion de cette pause, nous voudrions tordre le cou à 2 fausses idées qui semblent bien ancrées chez les sédentaires :
Il faut être riche pour entreprendre un voyage au long cours ; nous ne le sommes pas et nous n’avons pas dépensé plus d’argent que si nous étions restés chez nous !… sans compter notre enrichissement culturel.
Nous avons de la chance d’avoir fait ce voyage ; ce n’est pas la chance qui nous a aidés à partir mais la volonté de le faire. La seule chance étant celle d’être en bonne santé.
Nous ne saurions donc que conseiller à ceux qui rêvent de voyage de franchir le pas, de larguer les amarres.
Quelle leçon de vie nous avons prise auprès de ces gens souvent démunis mais toujours prêts à rire ,à aider, à plaisanter et à partager ! Ils nous ont appris la patience et démontré que sans le harcèlement du productivisme (notion qu’ils n’ont absolument pas) ils vivaient sans stress.
Certains nous ont dit que leur devise était 0-3 (zéro tres).
En bref, en chiffres :
3 ans et 2mois
2 continents
Plus de mille et une nuits dans vagabond ! Plus qu’un conte !
134 500 km
20 pays
3 trains de pneus
2 jeux de plaquettes de freins
Des milliers de pouces levés sur notre passage (nous ne savons pas si c’est pour approuver notre périple, notre provenance, ou pour nous signifier que Vagabond leur tape dans l’oeil)
Une bonne centaine de tortillons anti moustiques consommés (surtout ces derniers mois).
Après quelques beaux bivouacs en compagnie des Palatheo sur les plages et dans les dunes en bord d’océan
,
nous accélérons un peu notre descente vers le sud car nous devons nous rendre à Salvador de Bahia pour accueillir Annie José, la sœur de Françoise, qui vient se joindre à nous pour 17 jours. Dés la sortie de l’aéroport, nous la familiarisons avec la cartographie déplorable de notre GPS qui nous fait tourner en rond plus d’une heure avant de regagner ,à quelques kilomètres de là, la plage « Do Flamengo » où nous lui avons réservé une chambre dans une pousada (hôtel).
Troisième ville du Brésil(un peu plus peuplée que Paris), nichée au fond d’une vaste baie, Salvador de Bahia nous a séduits par son caractère tropical et afro-brésilien. 80°/° de la population est noire, descendant d’esclaves africains et les promenades dans les rues pavées du centre historique nous ont plongés dans cette ambiance nonchalante propre aux originaires de cet autre continent.
Le nombre d’églises est impressionnant… il y en aurait 365 !!! Dans l’une d’elles, l’église de « São Francisco », les murs sont décorés « d’azulejos » peints à la main en 1720 au Portugal.
Nous quittons la ville en empruntant un ferry pour rejoindre l’autre côté de la baie, ce qui nous fait éviter plus de 100 km que son contournement exige.
Nous commençons notre route vers le sud en profitant des belles plages et dunes bordées de cocotiers pour quelques baignades dans une eau tempérée.
Nous nous écartons du bord de mer pour entrer dans les moyennes montagnes. La végétation est splendide : des étendues de caféiers vert foncé auxquels se mêlent bananiers, jacarandas, tulipiers et autres grands arbres couverts de fleurs aux couleurs flamboyantes.
Nous atteignons le sanctuaire de Caraça d’où nous partons randonner en pleine végétation dense jusqu’à une belle cascade.
A Santa Teresa, jolie ville montagnarde, nous visitons le musée de biologie. Au XXème siècle, un biologiste local a mené ici des études sur la remarquable variété de colibris et d’orchidées de la région. Bien qu’en totale liberté, les colibris viennent toujours boire l’eau sucrée qui leur est offerte.
Nous empruntons une piste de terre pour nous approcher de la cascade Tabuleiro haute de 270 m dans le parc National Da Serra Do Cipo quand nous nous retrouvons sous une forte pluie, arrivés au parking le gardien vient nous dire que le chemin d’accés est interdit par temps de pluie car glissant. Nous déplorons d’avoir fait ce grand détour pour rien.
Connue comme la plus belle ville coloniale de la région, Ouro Prêto doit sa richesse et son nom à la découverte de grande quantité d’or dans son sous- sol.
Au XVIIIème siècle 35 tonnes d’or ont été extraites de la mine de Passagem. Une petite partie des 35 km de ses galeries se visite. Nous empruntons un wagonnet du funiculaire bringuebalant qui descend sur 315 m jusqu’à 120m de profondeur puis nous marchons dans une galerie jusqu’à une rivière souterraine. Une visite qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable !!
Nous partons maintenant vers Tiradentes, une autre ville coloniale plein de charme toujours avec ses rues grossièrement pavées, ses nombreuses églises et de jolis taxis-calèches.
Après la visite ratée de la cascade, une autre déconvenue nous attend alors que nous approchons de Teresopolis, la route est barrée car 2 ponts sont en réfection, à nouveau pas mal de km pour rien !!
Les routes au Brésil sont la plupart du temps en très mauvais état. Visiblement ils n’ont aucun budget pour boucher les nids de poule par contre ils trouvent l’argent pour construire des ralentisseurs ici appelés « Lombadas », véritables marches d’escalier à franchir en 1ère, souvent espacés seulement de 100 m dans les agglomérations, mais aussi parfois en pleine voie rapide ou même piste d’accélération!!Ceci combiné aux ensembles routiers jusqu’à 30 m de long demande au chauffeur une attention particulièrement soutenue.
L’arrivée sur Rio de Janeiro nous fait prendre conscience de l’ampleur de la ville : 35 km avant le centre, nous sommes déjà en pleine urbanisation. Il faut dire que Rio est 3 fois plus peuplée que Paris. Passés les quartiers des favelas installées sur le flanc des collines, nous admirons le site exceptionnel dans lequel la ville s’est étendue. De petits îlots donnent du charme à la grande baie traversée par un pont de 10 km de long. Nous prenons le téléphérique pour atteindre le sommet du Pain de Sucre, la vue à 360° est admirable.
Nous découvrons les nombreuses plages, dont bien sûr la fameuse « Copacabana » et toutes les collines pointues séparant les quartiers.
Au sommet d’une des plus hautes, le Corcovado, est installée la statue du « Cristo Redentor », autre emblème de la ville, qui domine toute la baie. Nous nous rendons dans le parc de Tijuca, grand poumon vert, pour atteindre le Corcovado mais nous sommes dimanche et la route d’accés est fermée. Nous continuons quelques km à pied dans cette forêt luxuriante jusqu’à avoir un point de vue sur le dos de la statue sur fond de baie.
Le lendemain, après une promenade sur la plage de Copacabana, nous ramenons Annie-José à l’aéroport car c’est déjà la fin de son séjour. Nous sommes contents d’avoir pu l’accueillir et lui faire partager notre vie de vagabonds ! Certes cela nous a demandé un peu de rigueur dans l’organisation, mais cela n’a pas été contraignant, même l’installation de son lit en dinette s’est avérée aisée et nous avons ainsi évité les fastidieuses recherches d’hébergement.
Les restaurants sont l’occasion de faire découvrir à Annie-José les plats typiques que nous avions appréciés. Parmi eux la « feijoada »(très proche du cassoulet) et la « moqueca »( crevettes ou poissons en petits morceaux cuits dans le lait de coco) suivis de pâte de goyave.
Nous étions prévenus qu’en arrivant au Brésil, nous allions vivre dangereusement. Effectivement, en rejoignant le bord d’océan, nous trouvons d’immenses plages de sable blanc longées de dunes plantées de cocotiers et là, c’est vrai que le danger de recevoir une noix de coco sur la tête est bien présent !
Ce qui nous a le plus déconcertés en début de séjour, c’est la langue. Finis les R roulés, les J et les G gutturaux qui nous étaient devenus familiers. Le portugais nous apparaît bien difficile à comprendre et à parler et nous nous sommes sentis un peu frustés par ces difficultés de communication. Heureusement, le bord de mer étant plus touristique, nous rencontrons beaucoup plus de monde parlant soit Anglais soit Espagnol.
Nous avons passé ces 4 dernières semaines sans visites extraordinaires, à profiter au maximum de l’océan et des milliers de km de plages, un peu comme des vacances dans notre périple.
Nous avons remonté la côte Atlantique presque jusqu’à la ligne de l’équateur (latitude 4° Sud). Alain a pu faire du kite dans des conditions idylliques(eau à 28° air à 32-35°).
Nous avons passé quelques jours à Sao Miguel do Gostoso, accueillis par Olivier, le cousin germain de Françoise, qui est venu s’y installer. Il nous amène en buggy avec sa compagne Vilma pour aller faire du kite sur les meilleurs spots.
Le soir nous assistons au Carnaval et ses joyeux défilés dansants où il est de bon ton de se désaltérer de bières et autres caipirhinas. Encore merci à lui.
Nous continuons le long de l’Atlantique, plein Ouest maintenant, jusqu’à Areira Branca et nous restons 3 jours sur la plage « Praia Punta do Mel ». Nous nous garons à même la plage en face de la Pousada « Oasis Mel Beach ». Nous demandons aux propriétaires si l’endroit est sûr et si nous ne dérangeons pas. Ils nous proposent de nous rapprocher de leur propriété afin d’être sous la surveillance de leur vigile. Le soir ils viennent nous offrir un plat de crevettes au coco et nous invitent à manger le lendemain une feijoara, spécialité du Brésil. Merci à eux.
Nous sommes en contact avec « le Palatheo »qui sont en train de remonter le Brésil sur nos traces et décidons de nous rencontrer une dernière fois sur ce continent. Nous fixons un rendez vous à Porto de Galhinas, sur la magnifique plage de Macaraipe que nous avions appréciée lors de notre remontée.
Porto de Galinhas (port des poulets) doit son nom à la période où l’esclavage avait été interdit au Brésil mais continuait clandestinement, les bateaux venant ici débarquer les esclaves cachés par des caisses de poulets. Le poulet est devenu l’emblème touristique de la ville.
Après le plaisir des retrouvailles, le partage des repas et des anecdotes de voyage, Pascal, Théo et Alain décident de prendre une 2ème leçon de surf, en quelque sorte la suite de celle qu’Alain et Théo avaient prise au Pérou il y a 9 mois. C’est tout de même beaucoup plus agréable ici dans une eau au moins 2 fois plus chaude….
Même si le style laisse à désirer, le plaisir est là !
Des milliers de coccinelles VW ont trouvé une seconde vie après transformation en buggys.
A João Pessoa, nous allons visiter le musée Estação Cabo Branco, dont le bâtiment porte la griffe de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, le fameux architecte qui a aussi créé Brasilia. L’exposition, de circonstance puisque nous approchons Mardi gras, est axée sur le carnaval.
Rares sont les jours où nous ne traversons pas une averse tropicale,mais cela ne dure pas.
Nous entrons au Paraguay par la ville de Asuncion où nous faisons une étape « utile ». Nous profitons des prix bien moins élevés ici pour faire remplacer les pneus puis reprenons notre route vers le Brésil, sans oublier d’aller visiter les principales attractions du Paraguay que sont les sites des missions jésuites construites par les Guaranis au tout début du XVIIIéme siècle.
Le raffinement artistique est mis en valeur à la tombée de la nuit par de belles illuminations.
Nous retrouvons le long des routes les tout petits commerces nous rappelant Bolivie et Perou.
Nous arrivons à Santiago de los Missiones le jour de la fête de la tradition et assistons à un rodéo, seuls touristes parmi une foule de Paraguayens juchés sur des tribunes « dernières normes… ».
Nous faisons étape à San Ignacio sur le terrain du luxueux »Hotel Rural ». La piscine est dotée d’un système de refroidissement de l’eau par puisage à 100 m de profondeur et arrosage en douche au centre de la piscine. Il faut dire que la température dépasse les 35°. Gustavo, le patron d’origine péruvienne, nous invite à nous joindre à sa famille pour l’asado traditionnel du dimanche midi.
Juste à côté de Presidente Franco, nous allons voir la chute d’eau »Salto del Mondey ».
Nous entrons au Brésil par Foz de Iguazu ; c’est là qu’a été construit le barrage d’Itaipu, sur le rio Parana, et donc binational, ce fleuve servant de frontière entre le Brésil et le Paraguay. C’est une œuvre gigantesque fournissant la plus grosse production hydroélectrique du monde (en 2016:103.098.366MWh). Chacune des 20 turbines de 8,60 m de diamètre (300 T) fait tourner un rotor de 16 m de diamètre (1760 T) coiffé d’un stator de 20 m de diamètre (988 T). La visite nous permet d’entrer dans la galerie des générateurs longue d’un kilomètre, large de 100 m. Les salles de contrôle de production et de distribution, à cheval sur la frontière, sont en permanence tenues par un opérateur brésilien et un opérateur paraguayen, supervisés à tour de rôle par un ingénieur de chacune des nationalités se relayant toutes les 6 h. A lui seul ce barrage procure 85°/° des besoins d’électricité Paraguayens et 15°/° des besoins Brésiliens. En février 2016, il a enregistré son 20.000.000 ème visiteur. Ceux ci provenant du monde entier (1/100 de Français).
Nous prenons maintenant la mesure de la grandeur du Brésil (15 fois la superficie de la France Métropolitaine). Nous avalons des km et des km sur des plaines le long du rio Parana et les terrains inondés nous rappellent que nous sommes à la saison des pluies.
Cidade de Goiàs est une ville coloniale qui est vraiment restée authentique avec des rues grossièrement pavées.
Plus loin, nous visitons Pirenopolis qui est du même style mais un peu plus touristique.
Nous passons par Brasilia, la capitale, une grande ville moderne puisque créée entre 1956 et 1960. C’est le domaine d’innombrables et immenses avenues, sans croisement à niveau, encadrant des blocs d’immeubles d’habitation assez tristes bien que d’un seul étage. Les quartiers d’affaires sont par contre bâtis d’immeubles d’une trentaine d’étages. Le tout est très aéré, chaque édifice étant séparé de son voisin par de larges espaces bétonnés ou de gazon jauni. Après avoir visité l’originale cathédrale Metropolitana puis le Musée National , nous repartons de cette ville qui nous paraît sans âme, même si les nombreux parcs et espaces verts permettent de s’y sentir bien.
Nous aspirons maintenant à rejoindre la mer et reprenons notre route interminable vers l’Est. Nous traversons des plateaux immenses, la route coupant des champs de soja, canne à sucre ou maïs qui s’étendent à perte de vue. Nous traversons le fleuve Sao Francisco dont les rives nous rappelent étrangement les bords du Niger.
Nous faisons une halte à Lençois, une petite ville coloniale très animée et touristique car située dans le parc national de la Chapada Diamantina.
De là nous allons randonner à la « Ribeiro do Meio », un bassin naturel dans lequel l’eau arrive par un grand toboggan de roche lisse où il fait bon se baigner par les 36° ambiants.
Nous arrivons à San Juan en début de soirée et continuons jusqu’au lac de Ullum pour nous installer au bord de l’eau. Nous repérons un emplacement de niveau et bien qu’un pick-up l’occupe en partie, nous nous y garons. Alain va demander aux occupants du 4X4 s’ils restent pour la nuit, en s’excusant de s’être autant approché d’eux. Là, le hasard et la magie des rencontres vont à nouveau nous accompagner. Non seulement nous ne les dérangions pas du tout car ils allaient partir, mais en plus la conversation s’est engagée avec Daniel, son épouse et sa fille Romina. Nous les invitons à boire une bière dans Vagabond. Il s’avère que Daniel est passionné de moto, tout particulièrement d’enduro et qu’il a un atelier de réparations, redressage de cadre et remise en forme de réservoirs…. De plus, il est depuis de nombreuses années très actif dans les organisations d’évènements enduro internationaux (ISDE : International Six Days Enduro) mais aussi le Dakar. C’est ainsi que nous sommes invités chez lui pour le lendemain soir à un traditionel asado.
Là, nous rencontrons son ami Juan, autre passionné moto tout aussi actif et sympathique. Ici, l’apéro dure jusqu’à 23h puis on commence à allumer le feu pour que la braise soit à point vers minuit pour commencer la lente cuisson… pour déguster les nombreuses pièces de viande entre 1h et 2 h du matin. A cette heure là, Juan nous propose de le suivre jusqu’à sa maison pour nous installer dans sa cour. Nous avons droit au message traditionel : « mi casa es su casa » (ma maison est votre maison) pour utiliser douche, toilettes et piscine. Le lendemain, nous faisons la connaissance de son fils Joan, enduriste confirmé, qui nous montrera la tenue que Jordan Curvalle (team manager de Sherco enduro) lui avait laissée lors des ISDE 2014 !
Juan se met en quatre pour nous guider dans San Juan afin de réparer la clim défectueuse de Vagabond, puis la vidange et prend à cœur de nous mener chez un producteur de dulces (Confitures, pâte de coing ect…)
Daniel et Juan sont chargés de banderoler un point de passage du rallye (au lendemain du bivouac) dans des dunes qui sont un point d’accés aux spectateurs. 2 jours avant cette spéciale nous les accompagnons pour les aider et reconnaître le terrain afin de nous assurer que nous pourrons atteindre ce point avec Vagabond le jour J. Depuis la route, à 70 km à l’est de San Juan nous prenons une piste de 7 km qui s’avère difficile car personne n’est passé depuis qu’elle a été ravinée. Par endroit les alluvions se sont accumulées forçant à passer dans un mélange de sable et de galets très meuble. Pour la première fois depuis le début du voyage il faudra sortir la pelle et mettre des branches sous les roues pour continuer.
Nous savons que nous allons revenir ici de nuit car la veille nous irons sur une spéciale une centaine de kilomètres au nord de San Juan. De plus nous savons que la police ne laissera entrer sur cette piste que les véhicules 4X4, et ce jusqu’à 5h du matin. Françoise est très inquiète dans cette perspective mais Alain fait confiance à Daniel et Juan qui assurent que de nombreux 4X4 seront passés l’après midi et auront amélioré l’état du chemin.
De retour, près de là, nous nous arrêtons à la Difunta Correa, lieu où a été trouvée morte de soif cette femme avec à son sein son bébé vivant. Comme nous en avions déjà parlé, elle est maintenant vénérée dans le pays entier et ici, dans ce sanctuaire, les gens viennent se mettre sous sa protection en déposant une maquette de leur maison ou une pièce de leur véhicule.
La veille de leur passage à Mogna, nous allons nous installer au bord du parcours. La piste traverse des décors lunaires.
Le rallye est très populaire et c’est l’occasion pour de nombreux Argentins et Chiliens de faire la fête. La nuit tombée, les asados sont allumés dans une ambiance chaleureuse et il ne faut pas compter trouver le sommeil avanr 3 ou 4h du matin !
Le matin nous fabriquons des drapeaux Français à partir d’un drapeau Hollandais que Juan nous a donné pour en décorer Vagabond.
La température monte dans cette plaine aride, et à l’arrivée des premières motos, vers 13 h il fait 42°.
Après un passage à gué d’une rivière, les concurrents se relancent sur une piste de terre et de cailloux roulants. La vitesse de passage des autos est bien plus impressionnante que celle des motos peu à l’aise sur ce terrain.
En fin d’après midi, nous retournons sur San Juan pour aller sur le bivouac. Nous sommes bien accueillis par tout le team Sherco et par les pilotes : Joan Pedrero et Adrien Metge qui viennent nous saluer malgrè la fatigue de l’étape du jour qui a été parmi les plus dures (chaleur et déshydratation). Merci à David Casteu et Laurent le Gat pour toute leur attention. Sur le stand Peugeot, Cyril Desprès reconnaît Alain qu’il cotoyait quand il faisait du trial ( année 2000?) .
C’est donc peu avant minuit que nous attaquons la piste redoutée, qui effectivement s’est bien arrangée, nous permettant d’arriver sans encombre au pied de la dune, au milieu d’une quantité de pick up installés avec tentes, musique et asados. Nous y retrouvons Daniel et Juan qui nous invitent à nous joindre à leur groupe pour boire et manger. Le matin nous nous postons en haut de la dune où les concurrents arrivent pour plonger en aveugle dans une grande descente au pied de laquelle ils traversent une zone de fesh fesh qui se creuse au fil des passages, posant des problèmes à quelques uns . Un beau spectacle qu’Alain apprécie et filme d’autant mieux que Juan lui a permis d’obtenir un passe droit afin de s ‘approcher de la piste.
San Juan a été une étape riche en contacts humains. Les au revoir avec Daniel et Juan qui nous ont chouchoutés une semaine, ont été émouvants. Un grand merci à eux.
Joan Pedrero termine le rally en 13ème position, Adrien Metge en 22ème position, tous les deux après une belle remontée en 2ème semaine. Des résultats fort honorables qui prouvent que la fiabilité et les performances des Sherco sont au niveau des meilleures motos.
Nous avons donc quitté l’île de Terre de Feu en traversant le détroit de Magellan de Porvenir à Puntas Arenas.
N’étant pas encore saturés du grand sud, nous reprenons notre descente le long du détroit jusqu’au bout de la piste qui s’arrête à Punta San Juan.De là nous partons randonner jusqu’au phare de Cabo San Isidro.
Nous remontons sur Puerto Natales où nous avons décidé de passer la soirée de Noël.
Là, nous avons la bonne surprise de retrouver nos amis belges « les Palous », mais aussi Eric et Monique Curinier qui voyagent en fourgon équipé par « Isère Evasion » et avec qui nous étions en contact virtuel depuis quelques temps. Sur le parking, nous rencontrons aussi les camping caristes Jean Pierre et Evelyne, d’autres sudistes, et un couple de Hollandais. Malgré la pluie , la température peu clémente et un fort vent, nous nous installons sous l’auvent de l’office de tourisme pour partager foie gras et champagne tout en parlant, comme c’est curieux, de voyages.
Sur la route du Parc National Torres del Paine, nous visitons la grotte du Milodon, grand mamifère préhistorique qui traînait dans le coin il y a quelques 14500 ans.
Les Chiliens ne tarissent pas d’éloges sur le P.N.Torres del Paine. Il est vrai que c’est le site montagneux majeur de la Patagonie Chilienne. Une première petite randonnée nous amène au bout du lac Grey sur lequel quelques icebergs sont à la dérive.
La 2ième bien plus intéressante nous approche du glacier Grey sur lequel nous apprécions un point de vue sympa.
Les « Torres » pics de monolithes granitiques sont impressionnants.
Un peu plus au Nord, et après être repassés en Argentine, nous nous rendons au glacier Perito Moreno. Le site est très bien aménagé et lorsque nous le découvrons depuis les passerelles, c’est l’éblouissement ! Nous passons plusieurs heures à le parcourir, à l’affût des pans de glace qui tombent à grand fracas dans l’eau turquoise du lac !
L’étape suivante est El Chalten, petite ville qui doit sa célébrité à son emplacement au pied du Mont Fitz Roy, et point de départ pour plusieurs randonnées dans le P.N. Des Glaciers. Nous partons pour une des plus réputées pour la journée, celle de la Laguna de los Tres, 22 km AR, avec une dénivelée de 400 m sur le dernier km ! Efforts récompensés par une vue splendide sur la lagune surplombée par le majestueux pic du Fitz Roy. De retour à El Chalten, nous allons directement au SPA pour agréablement faciliter la récupération.
Nous remontons maintenant par la mythique route 40 ,puis prenons une piste transversale (la 41)pour aller rejoindre la non moins fameuse Carretera Austral, elle côté Chilien.
Nous atteignons le minuscule poste frontière de Paso Rodolfo Roballos à 20 h après 80 km de piste défoncée sans croiser âme qui vive. Le douanier Argentin met plus de 30 mn à recopier à la main sur une feuille volante (ici pas d’ordinateur) tout ce qu’il trouve sur le passeport, même le n° de visa pour les Etats Unis ! Ensuite il est venu vérifier si nous sortions d’Argentine avec des fruits et légumes !
Heureusement changement total quelques kilomètres plus loin au tout aussi petit poste d’entrée au Chili, pas plus de 2 mn pour tamponner nos passeports et nous faire le papier d’importation temporaire du véhicule. Il est vrai que nous sommes le 31 décembre et qu’il devait plus penser à son réveillon.
C’est donc totalement isolés en pleine montagne que nous trouvons un bivouac où nous fêtons le passage à la nouvelle année.
Après encore 5h de piste défoncée, mais traversant des paysages de toute beauté, nous rejoignons la Carretera Austral, elle même dans un état très moyen, voire mauvais. Nous roulons depuis 2jours sous la pluie dans une végétation type tropical (dont nous sommes pourtant encore loin) au milieu de montagnes ruisselantes ; De tous côtés, ce sont torrents et cascades. Les couleurs des eaux des rivières puis celle du lac Carrera sont magnifiques, allant du vert émeraude au bleu turquoise parfois laiteux, parfois étincelant.
Nous arrivons ainsi à Rio Tranquilo sous une pluie qui ne cessera pas de la nuit. Par chance, en fin de matinée des éclaircies se sont profilées ; Nous en profitons pour partir en bateau sur le lac General Carrera afin d’approcher les grottes et la cathédrale de marbre qui sont sur ses rives. Le spectacle est saisissant, toujours merveilleusement mis en valeur par les couleurs de l’eau dans laquelle ces grottes se reflètent.
Il tombe ici 2m d’eau par an, ce qui est un peu trop à notre goût. Nous décidons d’accélérer notre remontée vers des latitudes où le temps est plus clément, toujours par la route 40.
A San Carlos de Bariloche nous faisons un détour sympa par la route des 7 lacs.
Maintenant, notre but est d’arriver à San Juan un peu avant le rallye Dakar afin d’y prendre nos marques pour pouvoir profiter du spectacle et rencontrer les collègues du team Sherco.