Botswana-Afrique du Sud

10/04 au 08/05/2019

Nous entrons au Botswana par Francistown, où nous nous arrêtons pour remplir notre bouteille de gaz puis laissons passer le week-end pour nous rendre à l’office national des parcs afin de réserver des campings à l’intérieur des parcs du central Kalahari et du Kgalagadi transfrontier. Démarche vaine car tout est complet.

Nous décidons alors d’aller dans le Makgadikgadi célèbre pour ses grands « pans », grandes étendues  parfaitement plates (le Sua Pan où nous nous rendons fait 175 km  de long sur environ 50 km de large), inondées à la saison des pluies et que l’on peut traverser en voiture lorsqu’elles sont asséchées en roulant sur une croute de sable et de sel.

L’année dernière nous y étions déjà allés, nous arrêtant sur l’île de Kubu , nous choisissons cette fois celle de Kukonje, plus à l’écart des circuits touristiques. En fin d’après-midi, après une cinquantaine de kilomètres de piste sablonneuse sans rencontrer âme qui vive nous arrivons à l’entrée du pan. Nous nous engageons en direction de l’île que l’on aperçoit au loin mais le pan n’est pas tout à fait asséché, nos roues s’enfonçant de plus en plus . Nous retournons sur le terrain sec pour un bivouac seuls au monde sous les millions d’étoiles.

Le lendemain nous nous lançons dans la traversée en gardant une bonne vitesse malgré des glissades et parvenons jusqu’à l’île, Vagabond alourdi de quelques centaines de kilos de boue. Nous nous enregistrons auprès des 2 gardiens, seules personnes sur l’île. Les derniers campeurs à être venus dataient de 15 jours et les précédents de 7mois ! Nous nous installons pour 2 jours sous un gros baobab afin de profiter pleinement de cet endroit exceptionnel, seuls sur cette île que nous parcourons à pieds puis Alain en fait le tour à vélo.

Nous prenons une bonne route goudronnée en direction du central Kalahari, route que nous devons quitter à l’approche de Orapa car cette ville est le centre d’une importante mine de diamants dont l’accès est réservé à ses employés.

Arrivés à l’entrée du parc national du central Kalahari, nous tentons notre chance pour obtenir une place de camping malgré le scepticisme des Sud-Africains présents qui ont réservé un an à l’avance. Coup de chance il en reste une que nous nous empressons de réserver. C’est ainsi parti pour 2 jours à sillonner les pistes de sable ocre orangé à l’affut des prédateurs. Le premier est un beau lion en pleine sieste digestive à l’ombre d’un buisson épineux du bord de la piste. Nous nous arrêtons à 3 m de lui et pouvons le contempler plus d’une heure pendant que nous prenons notre repas de midi, ceci sans le perturber le moins du monde.

Nous rencontrons aussi gnous, girafes, un grand nombre d’oryx et de springboks.

Nous faisons une halte à Ganzhi dans un camping qui propose une marche dans le bush avec les San. Ces bushmen qui vivaient de chasse et de cueillette se sont vu confisquer leurs territoires et interdire de chasser, ce qui les laisse dans le dénuement le plus total. Certaines tribus se sont converties au tourisme en donnant des représentations de comédiens : tir à l’arc, allumage du feu en frottant deux bouts de bois, explications sur les plantes médicinales et celle qu’ils utilisent comme savon… Bien que ce ne soit pas dans l’esprit de notre voyage, nous avons fait cette sortie surtout pour apporter notre contribution à ce groupe.

Nous pénétrons plus profondément dans le grand désert du Kalahari à nouveau par une belle route goudronnée en ligne droite sur près de 300km. Les paysages sont superbes avec toujours ce sable ocre qui nous entoure et la circulation quasi inexistante. Sur quelques kilomètres, les bas-côtés sont élargis pour servir de piste d’atterrissage de  secours !

Arrivés à Kang, nous quittons le goudron pour 200km de pistes pour atteindre le Kgalagadi Transfrontier ( à cheval sur la frontière Botswana/Afrique du Sud), à sa section de Mabuasehube et là aussi on nous accepte pour une nuit, ce qui est parfait pour nous car cela nous laisse 2 jours pour le visiter.

Le lendemain après avoir vu un serpent de taille respectable traverser la piste nous passons tout prêt d’un léopard et de son petit, que nous surprenons en train de jouer ensemble.

Nous allons maintenant tout au sud du Botswana longer la frontière avec l’Afrique du Sud.

Après avoir franchi la frontière, nous entrons dans le Transfrontier Parc du côté Sud-Africain  et là encore nous obtenons une place dans un camping à Nossob( Françoise avait vu sur leur site qu’il restait une place mais n’avait pas pu réserver).

Dès notre entrée nous voyons une hyène qui transporte sa proie. Un peu plus loin , nous assistons à la capture d’un écureuil par un chat sauvage africain (environ 5 fois la taille d’un chat domestique), les suricates au garde à vous nous font une haie d’honneur.

Le jour d’après, nous apercevons une lionne qui va se coucher à l’ombre d’un buisson ,puis au creux d’un arbre un petit chat sauvage.

En soirée c’est un guépard qui attire notre attention à une vingtaine de mètres de la piste. Il se prélasse à quelques mètres de sa proie (un springbok) dont il s’est repu au vu de son ventre. Nous attendons qu’il se lève pour aller prendre son dessert, moment dont il profite pour nous gratifier d’un magnifique sourire.

Après un passage à Upington, au bord de la rivière Orange, pour nous réapprovisionner, nous suivons le cours d’eau, le plus long d’Afrique du Sud avec ses 1800km, qu’accompagne cet étonnant ruban de verdure qui tranche dans cet environnement désertique. L’irrigation a permis la viticulture ainsi que la plantation d’arbres fruitiers !

Nous allons jusqu’aux chutes d’Augrabies où nous partons randonner au cœur du canyon jusqu’à Arrow point (presqu’île entre 2 bras de l’Orange river) puis sur le « dassie trail »(chemin du Daman des rochers).

A Pella, nous prenons une belle piste qui nous amène au bord de la rivière Orange où nous bivouaquons.

 Le lendemain nous empruntons une piste 4×4 qui longe la rivière à travers de superbes montagnes d’une extrême aridité.

Au bout d’une vingtaine de km, nous arrivons en vue de plantations de palmiers dattiers de la magnifique ferme de Klein Pella, avec un camping sur pelouse et piscine. Nous nous y installons et Alain profite de ce beau cadre pour remplacer les 4 jeux de plaquettes de freins de Vagabond.

Nous apprenons que nous sommes dans la plus grande plantation de dattes de l’hémisphère Sud. Ils produisent 450t par an de la variété géante Medjool. Après dégustation, nous en achetons 2kg. Elles ont été cueillies le mois dernier et n’ont subi aucun traitement, juste lavées avant d’être mises en chambre froide. Nous faisons une sortie sympa à VTT (pour nous dégourdir un peu les jambes, car nous ne faisons pas beaucoup de sport) parmi les vignes et les palmiers.

Nous ré-entrons en  Namibie car nous devons tranquillement nous rapprocher de Windhoek où nous allons accueillir Jean Pierre et Caroline, frère et nièce de Françoise, qui vont arriver le 19 Mai et vont nous accompagner en voiture de location pendant 3semaines.

Ce dernier mois, nous avons roulé 3670km presque exclusivement dans le désert du Kalahari et nous avons été comblés tant par les paysages que par les animaux que nous y avons rencontrés.

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ZIMBABWE

Du 11/03 au 10/04

Nous nous étions donnés rendez-vous avec nos amis voyageurs Nathalie et Jean, arrivés à Walvis Bay 2 mois après nous, car nos itinéraires se croisaient. Nous avions choisi de le faire au camp, toujours en cours d’aménagement, de Luc le français que nous avions rencontré l’année dernière.

Nous entrons en Namibie par Katima, tout au bout de la bande de Caprivi et en profitons pour faire remplacer nos pneus qui en avaient bien besoin après 50000 km dont un bon tiers de maltraitance sur des pistes avec des cailloux coupants et 0 crevaison malgré les grosses épines d’acacias sur lesquelles nous avions du rouler.

C’est avec plaisir que nous retrouvons Nat et Jean à Kongola sur le terrain de Luc au bord de la rivière Kwando.

Le lendemain, Luc nous rejoint et nous emmène à nouveau sur son bateau.

  Nous passons très près d’hippopotames et de nénuphars en fleurs puis rentrons au coucher de soleil.

 Nous retournons tous sur Katima où Luc habite. Nous y restons 3 jours sur un camping en bord du Zambèze, toujours en compagnie de nos amis. Le dimanche Luc, sa femme Esther et leur fille Albertina se joignent à nous pour des grillades dans une ambiance sympathique.

Durant cette semaine passée en la compagnie de Nat et Jean, nous avons trouvé très agréable de se sentir sur la même longueur d’onde pour de longues discussions autour d’une bière ou d’un pastis!

Nous repartons maintenant seuls pour traverser la pointe nord du Botswana et rejoindre le Zimbabwe. Nous en profitons pour passer par le parc national Chobe River où nous voyons la faune sauvage habituelle , dont un lion pendant sa sieste.

Nous entrons au Zimbabwe et nous nous arrêtons  de nouveau aux chutes Victoria, pour aller les voir avec un peu moins de débit que lors de notre précédent passage et donc avec une meilleure visibilité, néanmoins la rumeur et les embruns sont toujours spectaculaires.

Plus au sud, nous visitons le parc national Hwange, la piste d’accès passe à côté d’immenses mines de charbon, richesse de cette région, puis s’enfonce dans la savane. Dans le parc les pistes sont irrégulièrement entretenues mais nous nous délectons à nouveau de la vue des animaux sauvages. Notre bivouac au bord du lac de Masuma est un régal, nous assistons à un joli coucher de soleil puis au lever de la pleine lune. Les hippos et crocos sont en grand nombre dans le lac et de nombreux éléphants viennent s’y abreuver.

Le lendemain nous allons à la ville de Hwange pour réapprovisionner en nourriture et en gasoil. Déjà pour la nourriture le choix est très limité, mais pour le gasoil les 3 stations-services de la ville n’en n’ont plus. Alors que nous étions dubitatifs sur un parking nous sommes approchés par Dennis qui nous dit beaucoup aimer Vagabond puis nous demande où nous comptons dormir car la ville n’est pas du tout touristique et n’a ni lodge ni camping. Nous lui disons que ce n’est pas ce qui nous préoccupe mais que c’est le manque de gasoil. Il nous explique alors que c’est habituel et se renseigne par les réseaux sociaux pour avoir les dates de livraison du carburant. L’une des stations doit être approvisionnée le lendemain. Il nous invite alors à venir nous garer à côté de sa maison et à profiter des facilités en nous laissant la porte ouverte. Dennis est sud- africain employé par la mine dans le social et vit ici 3 semaines par mois en colocation dans une résidence de la mine. Il nous invite à manger et voilà Françoise à préparer dans leur cuisine une omelette-bacon-oignon-choux fleur… Merci à eux.
Le lendemain nous allons nous mettre à la queue à la station-service qui a bien été livrée mais nous devons payer cash en dollars US avec un change à 3.

Nous commençons à comprendre que l’économie s’est encore détériorée par rapport au passage de Nat et Jean quelques mois auparavant qui avaient pu payer par carte bancaire alors qu’on nous la refuse maintenant car c’est une carte internationale. Même les banques n’ont plus de dollars US. Les locaux utilisent beaucoup le payement Ecocash par téléphone mais nous ne pouvons alimenter la carte Sim car nous n’avons pas assez de liquidités.

Nous ne sommes pas rentrés au Zimbabwe avec assez de dollars US qui nous auraient permis de changer au noir pour des dollars Zimbabwéen au taux de 4,2.

Pour les règlements nous avons dû être vigilants car certains  commerçants peu scrupuleux (une minorité) nous proposaient le payement par carte bancaire mais la somme nous aurait été débitée en dollars US, le dollar zimbabwéen n’étant pas reconnu internationalement.

Le plein fait, nous repartons en direction du lac Kariba, une des plus grandes retenues d’eau artificielles du monde. Le Zambèze fait frontière  avec la Zambie où la chaine de montagne du même nom longe le fleuve et le lac.

Du côté du Zimbabwe où nous sommes, nous roulons dans des plaines parsemées de villages aux huttes joliment décorées, construites autour de places en terre battue parfaitement ratissées et propres, souvent entourées de petits champs de maïs. Nous retrouvons les gros baobabs et profitons de l’ombre de l’un d’eux pour fêter l’anniversaire de notre  arrivée en Afrique.

Nous arrivons à Kariba au bout du lac et allons jusqu’au barrage qui fait frontière avec la Zambie, puis nous nous installons dans un camping avec piscine et terrain ouvert sur le lac. Les éléphants viennent parfois, pour preuve les traces trouvées sur notre emplacement. Le lendemain alors que nous nous baignons 2 éléphants sont arrivés pour aller se rafraîchir dans le lac puis ce fut le tour des zèbres.

Nous nous rendons tout au nord du pays pour visiter le parc de Mana Pools, coincé entre la Zambie au nord et le Mozambique à l’est. La piste, avec sa sévère tôle ondulée, nous oblige à rouler très lentement et nous avons tout loisir pour admirer les baobabs.

Dans le parc nous apprécions toujours autant de voir la faune africaine et de nombreux oiseaux. De plus, nous approchons pour la première fois les Lycaons ici appelés « African Wild dogs ou Painted Dogs » auxquels viennent se mêler 2 hyènes.

Un bivouac dans le parc au bord du Zambèze nous permet d’apprécier un beau lever de soleil, entourés d’Impalas.

A Harare, la capitale, nous essayons à nouveau de sortir des dollars US mais les banques n’en ont toujours pas. Nous décidons donc d’écourter notre visite du pays en zappant la partie Est proche du Mozambique, décision d’autant plus facile à prendre que le cyclone Idai qui a dévasté le mois dernier le Mozambique a aussi fait plus de 150 morts dans cette région du Zimbabwe.

Harare accueille chaque année un festival international de l’art et de nombreux sculpteurs s’y sont établis. Nous allons dans la banlieue , à Chapunga Village, où quelques artistes tailleurs de pierres se sont regroupés et exposent leurs créations d’art Shona devant leurs ateliers où nous les voyons œuvrer. Nous leur achetons pour 10$ une petite sculpture.

Nous décidons de retourner au Botswana en passant par Masvingo pour visiter les ruines de « Great Zimbabwe » , la plus grande ville de pierres sèches jamais construite au sud du Sahara. Elle a été pendant des siècles la résidence des rois et c’est elle qui a donné son nom au pays. Nom qui vient du Shona «  Zimba dza mabwe » (maisons de pierres). Le début de la construction du site est estimé au 12ème siècle et se serait prolongée jusqu’au 15ème siècle date à laquelle la ville abritait environ 20 000 personnes. A lui seul le mur du grand enclos a nécessité la taille dans les rochers de granits de plus d’un million de briques !

Sur le parking du site, nous rencontrons 2 couples de français étonnés de voir un véhicule immatriculé en France. Ils sont enthousiastes quand nous leur résumons notre voyage. Jacques, directeur de l’alliance Française à Harare sera bientôt retraité et envisage de parcourir l’Afrique avec sa femme dans le même style de véhicule, le moment venu. Les plus jeunes, Floriane et son mari sont enseignants à Harare et vivent en Afrique depuis plusieurs années. Les discussions vont bon train pendant plus d’une heure puis nous leur faisons part de nos problèmes d’argent. Jacques nous propose spontanément de nous laisser les 160$ qu’il a sur lui, argent que nous lui rendrons par l’intermédiaire de son confrère de Bulawayo, une ville à 270 km d’ici que nous devrons traverser pour nous rendre au Botswana ( leur statut de résident et leur réseau leur donne la possibilité de retirer de l’argent avec notre carte). Bel exemple de solidarité entre expatriés qui nous a touchés. Merci à eux. Nous sommes désolés de ne pas avoir eu la présence d’esprit de noter leur nom. Cet argent en poche nous permet de ne pas nous précipiter pour sortir du pays.

Nous nous rendons à Bulawayo, ancienne ville coloniale, pour nous acquitter de notre dette

 puis en profitons pour aller au sud de la ville faire la visite du parc national de Matobo. Les empilements granitiques sont spectaculaires et le parc offre de beaux paysages mais sa partie nord réservée aux safaris nous a déçus car nous n’y avons vu aucun animal. Un autre attrait de ce parc est la visite de grottes ornées de dessins rupestres. Nous atteignons celle du rhino blanc après une courte marche mais les dessins sont assez peu visibles. Le lendemain nous partons pour une randonnée vers la grotte Nanke que nous devons atteindre après 6 km. Le parcours dans les rochers de granit, bien fléché sur les 4 premiers kilomètres entre dans un endroit de végétation plus dense et il nous est impossible de continuer, n’arrivant plus à trouver les flèches. Nous rebroussons chemin déçus de n’avoir pu aller jusqu’au bout car cette grotte serait la plus belle du Zimbabwe. Il reste tout de même une belle randonnée dans la nature intacte et la rencontre avec les babouins.

Ce parc aux pistes mal entretenues et aux installations sanitaires défectueuses est à l’image de la crise économique du pays. Dans les villes les queues aux rares stations-service approvisionnées sont impressionnantes (plusieurs heures ou jours, surtout pour l’essence un peu moins pour le gasoil) et celles des campagnes sont souvent fermées ou abandonnées.

Malgré cela la population est attachante. Tout au long des routes, hommes femmes et enfants nous saluent avec de grands gestes et de grands sourires, visiblement contents d’accueillir  des visiteurs. Dans d’autres circonstances nous serions restés plus longtemps ici.

TANZANIE-ZAMBIE

16/02 au 10/03/2019

Nous entrons en Tanzanie par le nord ouest pour aller à Kigoma, principal port de Tanzanie sur le bord du lac Tanganyiga.

 Nous passons dans des forêts peuplées de singes et de quelques antilopes.

 Après avoir traversé le Parc National Katavi en apercevant seulement un éléphant, nous nous dirigeons à nouveau vers le bord du lac en empruntant une piste boueuse vers Kipili, village réputé pour la plongée. Malheureusement peu avant l’arrivée la piste s’avère impraticable et nous devons rebrousser chemins.

 Après une étape à Sumbawanga nous essayons cette fois d’aller au bord du lac Rukwa. Nous empruntons la piste qui le longe mais sommes déçus au bout de 80 km de n’avoir pu aller sur les rives du lac, les seuls accès étant piétons à travers des étendues cultivées. Là, nous rencontrons des hommes d’une ethnie locale vêtus de peaux et armés de lances.

Nous quittons donc la Tanzanie sans avoir vraiment profité comme nous l’espérions du lac Tanganyika, faute d’accès.

Nous choisissons d’entrer en Zambie par le poste frontière de Kasesya. Nous nous attendions à un endroit peu fréquenté mais pas au point auquel nous l’avons trouvé ! Le dernier véhicule marqué sur le registre datait de 4 jours auparavant. Aussitôt le portail franchi, nous devons slalomer entre ornières et gros nids de poule, heureusement par temps sec.

Notre 1ère visite en Zambie sera Katambo Falls, la 2ème plus haute cascade d’Afrique avec ses 221m. Au pied de la cascade, l’eau s’engouffre dans une profonde gorge pour aller se jeter un peu plus loin dans le lac Tanganyika.

Nous n’avons toujours pas renoncé à aller sur les rives de ce lac et pour cela nous allons à Mpulungu où nous nous installons dans un camping communautaire tout au bord de l’eau. Nous achetons les filets d’un gros poisson à la responsable et avons tout loisir de regarder toute sa famille vivre d’autant plus que nous sommes seuls, comme nous l’avons d’ailleurs été à tous nos bivouacs ces 3 dernières semaines.

La chute d’eau de Lumangwe, large et avec un gros débit est spectaculaire, avec ses airs de chutes Victoria. Quelques kilomètres plus loin s’offre à nos yeux celle, non moins belle, de Kabwelume dont nous atteignons le bas par des escaliers moussus à travers la forêt dense humide.

La piste de terre que nous prenons le lendemain  est par endroits en mauvais état  puis nous nous retrouvons face à un bourbier dont nous allons ressortir de justesse quelques centaines de mètres plus loin.

 Nous traversons maintenant des plaines inondées pour rejoindre le lac Bangweulu bordé de belles plages de sable blanc.

Nous arrivons à la réserve privée de Mutimondo où nous partons pour quelques ballades, l’une nous amenant au sommet du Mont Mayense et 2 autres auprès de petits rapides.

Nous faisons une halte à Lusaka, la capitale, seul endroit moderne que nous avons rencontré en Zambie,  et en profitons pour nous réapprovisionner dans des supermarchés inexistants dans le reste du pays. C’est aussi là que circulent la plupart des voitures particulières, les routes intérieures étant principalement fréquentées par des bus et des camions. Nous avons souvent roulé plusieurs heures sans voir un seul véhicule.

Nous nous installons au bord du lac Ithezi Thezi et avons la surprise de voir arriver juste en face de nous un groupe d’éléphants venus boire et se rafraichir. Nous profitons pleinement de ce moment d’autant plus qu’ils ne montrent aucun signe de nervosité. Le soir venu, ce sera le tour d’un hippopotame qui viendra se baigner au même endroit à une vingtaine de mètres de nous. Le lendemain nous traversons le parc national Kafue sur 80 km sans voir d’animaux !

Après être passé par Livingstone nous remontons le Zambèze jusqu’à Sioma Falls où le fleuve s’étale, offrant 7 chutes d’eau sur 1 km de large séparées par des îlots.

Nos passages en Tanzanie puis en Zambie ont été impactés par la saison des pluies durant laquelle certains parcs sont fermés et d’autres dont l’accès est déconseillé aux véhicules solitaires.

Nous avons donc profité de cet afflux d’eau pour visiter les principales cascades de ces pays où les habitants se sont montrés aimables, ne manquant pas de nous saluer et de nous sourire tout au long de notre parcours.

Machoire d’hyppopotame

RWANDA 26/01 au 16/02/2019

Première surprise en entrant au Rwanda, c’est le premier pays où on roule à droite depuis 10 mois que nous sommes en Afrique. Nous constatons aussi qu’une bonne partie de la population parle le français car ce pays a été sous occupation belge de 1918 à 1960.

En entrant par le nord-ouest nous atteignons rapidement le Parc National des Volcans.

Nous nous rendons au bord  du lac Ruhondo d’où nous bénéficions d’une belle vue sur les volcans environnants  dont les sommets dépassent les 4500m.

Une randonnée nous amène au sommet du Mont Kabuye à 2643m d’altitude par un sentier escarpé. Notre manque d’entrainement se fait sentir  et nous décidons une journée de repos après ces 6 h de marche et 1000m de dénivelé.

Dans le Parc National des Volcans, nous choisissons une autre belle rando sur le flanc du volcan Bisoke pour aller sur le site que Dian Fossey avait choisi pour son immersion avec les gorilles. Après 2h de marche dans la forêt dense, en nous enfonçant parfois jusqu’à mi mollet dans la boue, nous atteignons le camp de recherche de Karisoke qu’elle avait établi à 3000m d’altitude. Il ne reste que quelques traces des bâtiments car le site a été pillé lors du génocide. C’est l’endroit où Dian Fossey a été assassinée puis enterrée à côté des sépultures des gorilles qu’elle avait aimés. Petite déception de n’avoir rencontré  aucun de ces animaux d’autant plus que nous sommes passés à 10m d’eux d’après des chercheurs rencontrés en chemin.

Nous quittons la région des volcans pour nous rendre à l’Est visiter le parc Akagera près de la frontière avec la Tanzanie. C’est le seul parc de savane du Rwanda et même si nous y avons vu relativement peu d’animaux, nous avons apprécié les paysages, particulièrement la vue à 360° sur les plaines et les lacs depuis le camping.

Ici les très nombreux moto-taxis ne transportent qu’une seule personne et le casque est de rigueur. Encore plus nombreux sont les vélo-taxis très utilisés par les locaux mais aussi pour le transport de toutes sortes de marchandises. Les vélos « Project Rwanda »sont spécialement fabriqués pour permettre de transporter jusqu’à 3 personnes sur leur porte bagage rallongé et muni d’un coussin.

Nous traversons à nouveau le pays vers l’ouest pour rejoindre les bords du lac Kivu, frontière avec la République du Congo . A Kibuye, depuis notre bivouac en bord de lac, nous allons en bateau jusqu’à l’île Napoléon (nom donné pour sa forme rappelant celle de son chapeau), avec Erich et Majas des Suisses rencontrés en Ouganda . Nous accostons pour l’escalader jusqu’à son sommet d’où nous avons une belle vue sur le lac, ses îles et au loin la côte congolaise.

Au camping arrivent Wilbert et Marianne des hollandais voyageant avec leur camion Unimog. Wilbert pratiquant le VTT, ils se mettent d’accord avec Alain pour une sortie le lendemain.

Les voilà donc partis, malgré le temps orageux pour une ascension de 1000m de dénivelé sans le moindre replat. Au fur et à mesure de notre montée des gamins prenaient plaisir à nous accompagner à pied, même un unijambiste que nous n’avons pas distancé sur près d’un kilomètre ! l’orage qui grondait a fini par nous rattraper alors que nous arrivions à 2400m d’altitude, nous forçant à nous abriter sous une avancée de toiture où un enfant est venu nous rejoindre avec sa trottinette tout en bois.

Nous avions prévu (et oui ça nous arrive !) de rentrer au Burundi par la frontière au bord du lac Kivu mais depuis que nous sommes au Rwanda, nous avons rencontré de nombreuses personnes y vivant ou allant y travailler et toutes nous l’ont fortement déconseillé, la situation politique étant très mauvaise et la corruption ainsi que la criminalité ayant récemment fortement augmenté. Nous renonçons donc à visiter ce pays. Après un dernier bivouac au bord du lac, à Gatare, nous repartons à travers les montagnes et le parc national de Nyungwe avec ses superbes forêts où nous avons pu voir quelques singes sur le bord de la route. 

Nous nous arrêtons à Huye pour visiter le Musée National Ethnographique du Rwanda, qui présente d’intéressantes expositions d’objets de la vie quotidienne passée des rwandais.

A Kigali, la capitale, nous visitons l’impressionnant mémorial du génocide et en ressortons très émus.

Nous reprenons maintenant la direction de la Tanzanie.

Chaque jour les routes que nous avons parcourues étaient toutes en montagnes russes entre  1500 et 2500m d’altitude( ce n’est pas pour rien que le Rwanda est aussi appelé le pays aux mille collines) à travers les paysages verdoyants de la forêt équatoriale, des vallons plantés de caféiers, de thés et de bananiers ainsi que des rizières des plaines.

Le Rwanda nous a impressionnés par la propreté de l’environnement qui n’a rien à envier à la Suisse ou à l’Autriche. Ici les sachets plastiques ont été supprimés il y a 10 ans déjà et la population est tenue de participer une fois par mois au nettoyage des espaces publics et à l’entretien des chemins. Un nombre incalculable d’employés nettoient les routes, ramassant inlassablement, même en pleine montagne, les feuilles mortes tombées sur les bas-côtés tondus de près, bordés de fossés impeccables et de haies d’arbustes décoratifs. Nous avons aussi été surpris par le très bon état des routes et la modernité des villes. Le niveau élevé de civisme de la population se reflète tant par l’absence de tags et autres dégradations que par la prudence des conducteurs malgré l’absence de radars et de ralentisseurs.

La densité de population ( plus de 4 fois celle de la France ) de ce petit pays fait que l’on n’y est jamais  seuls, et nos contacts avec les locaux ont été fort agréables, d’autant plus que se faisant souvent en français. Arrivés dans le pays avec une certaine appréhension dûe aux images du génocide de 1994, nous étions loin de nous douter que nous allions trouver un pays qui s’était si bien relevé de cette sombre période.

Ruche traditionnelle du Rwanda

OUGANDA 27/12/2018 au 26/01/2019

Notre entrée en Ouganda s’est faite rapidement. Seul le remplissage du carnet de passage en douane a été un peu laborieux. L’agent ne sachant pas du tout comment le faire, Alain a dû lui expliquer case par case comment le remplir. A la fin il n’a pas vu l’utilité de conserver la partie lui revenant de droit.

Dès notre arrivée nous sommes surpris par la variété d’oiseaux que nous rencontrons dans les paysages verdoyants.

Les plaines le long du lac Victoria sont toutes en rizières.

Les zébus sont ici pourvus de cornes impressionnantes.

Lors de nos arrêts, Vagabond sert fréquemment de perchoir aux oiseaux mais il est aussi apprécié par les singes ; peut-être est-ce dû à sa couleur …, à tel point que, alors que nous roulions sur une route goudronnée, un babouin s’est ostensiblement mis en travers de notre voie nous obligeant à stopper pour sauter sur notre capot et se faire conduire sur quelques centaines de mètres.

La ligne de l’équateur traversant l’Ouganda, nous repassons dans l’hémisphère nord pour nous rendre au parc de Murchinson Falls au nord-ouest du pays.

Mais avant nous approchons le lac Albert pour un joli bivouac sauvage sur les hauteurs du village de Kibiro. Nous jouissons d’une vue superbe sur le village, les sources d’eau chaude et bien sûr, sur le lac qui, la nuit venue, est constellé de milliers de lumières des lamparos des pêcheurs.

Cet endroit se mérite car pour y accéder nous avons dû, comme cela se répètera souvent en Ouganda, emprunter des pistes qui ont vite fait de se transformer en mono trace car utilisées uniquement par les nombreux motos taxis ou à pieds. Les routes ne sont goudronnées que sur quelques axes principaux, ceux-là même que nous essayons d’éviter, et nous roulons donc essentiellement sur des pistes.

Depuis notre camp du parc de Murchison Falls, au bord du Nil, nous partons en bateau pour remonter le fleuve jusqu’au bas des chutes  tout en profitant du spectacle de la vie sauvage. Le ledemain c’est avec Vagabond que nous allons voir ces mêmes chutes depuis le haut.

Nous nous sentons maintenant vraiment au cœur de l’Afrique noire et nous nous plaisons à traverser l’Ouganda profond.

L’activité principale est la corvée d’eau, chaque village ayant sa pompe où se pressent des files d’habitants avec leurs bidons jaunes.

Nous traversons des champs de coton, des plantations de caféiers et de thé ainsi que d’innombrables bananiers.

A Masindi nous partons avec un guide dans la forêt de Budonga à la recherche des chimpanzés. Après une bonne marche nous en trouvons et restons une heure à les observer. Quel beau spectacle nous ont offert ces primates à la stature impressionnante et au comportement si proche des humains ! Ce sont d’ailleurs eux qui ont le plus grand pourcentage de gènes en commun avec nous (98,7°/° )

Nous remontons à la pointe nord-est du pays enclavée entre le Kenya et le Sud Soudan pour visiter le parc de Kidepo. Là, nous retrouvons les plaines de savane sèche avec leurs lots d’éléphants, girafes, zèbres, antilopes, mais surtout de buffles dont une horde va nous causer une montée d’adrénaline.

Le camping dans le parc n’étant pas clôturé et paraît-il fréquenté par les lions, un garde armé est venu passer la nuit dans sa tente à coté de nous.

Les chutes d’eau nous attirent toujours autant. Nous allons donc à Sipi, ville réputée pour ses 4 cascades. Nous allons randonner une demi-journée dans la forêt pour les découvrir.

De retour près du lac Victoria, nous rejoignons Jinja, ville considérée comme la source du Nil par toutes les instances touristiques d’Ouganda. En effet le lac Victoria se déverse ici dans le Nil Victoria. D’autres pays se disputent cette appelation, car chez eux se trouvent aussi des sources d’affluents du Nil.

Les chinois sont venus ici construire un joli pont au-dessus du fleuve dont la modernité tranche avec le reste des infrastructures.


Accompagnés d’un guide nous partons dans la forêt de Mabira où nous voyons beaucoup d’oiseaux, de singes et apprenons un tas de choses sur les plantes et les arbres de cette forêt.

Une autre ballade à côté de Fort Portal nous permet de découvrir encore d’autres oiseaux.

Vers Katunguru, nous sommes en pleine région volcanique et nous visitons plusieurs lacs de cratère où les buffles viennent profiter des vertus curatives de l’eau salée et sulfureuse.

Nous entrons maintenant dans le parc Queen Elisabeth et nous rendons dans le secteur d’Ishasha qui doit sa renommée aux lions qui grimpent dans les arbres, plus exactement dans les figuiers qui sont ici énormes. Il n’y a que 2 endroits au monde où les lions se comportent ainsi, l’autre étant en Tanzanie. Les études menées attribuent cette particularité au fait qu’ils se mettraient ainsi à l’abri des nombreux parasites qui peuplent les sols humides . Quant au choix du figuier, c’est qu’il s’évase assez bas et que son écorce tendre leur permet de planter leurs griffes  pour y grimper. Nous avons eu la chance d’en débusquer un dans un arbre ainsi qu’un couple à terre.

Pour un repas de midi, nous nous écartons de la route par un chemin et nous nous arrêtons sur une esplanade en face d’une maison. Nous allons demander si nous pouvons y rester et sommes accueillis par Francis l’instituteur du village ravi d’avoir à faire à des français. Nous l’invitons à partager notre repas puis il tient à nous présenter sa femme et sa maison, nous échangeons nos adresses et il nous promet de nous écrire avec l’idée d’essayer de faire parrainer son meilleur élève par Sophie car nous lui avions dit qu’elle est aussi instit….

L’Ouganda est le pays où nous avons eu le plus de mal à nous approvisionner, les supermarchés étant quasiment inexistants et les petits commerces proposant invariablement les mêmes produits basiques. C’est sur les étals de bord de route souvent à même le sol, que nous avons pu nous procurer quelques légumes et fruits.

Après les oiseaux, l’espèce animale la plus représentée en Ouganda est celle des primates. Nous en avons découvert une variété que nous ne soupçonnions pas : du petit vervet peu farouche à l’imposant chimpanzé en passant le gris au poil ébouriffé, le colobus rouge ougandais, le singe à queue rouge, l’élégant colobus noir et blanc, le trapu babouin, le singe de l’hoest à la barbe blanche etc…Le principal absent à nos observations est le gorille des montagnes. Il est fortement protégé et on ne peut le rencontrer que dans quelques montagnes dont l’accès se fait avec un guide et après achat d’un permis à 600 US$ par personne pour un temps d’observation limité à 1 h, ce qui a été dissuasif pour nous.

Une fois de plus, nous avons constaté que moins le pays est touristique, plus les gens sont avenants, pas encore pollués par le tourisme de masse.

Nous nous dirigeons maintenant vers le Rwanda. 

TANZANIE

Munis de nos visas, l’entrée en Tanzanie s’est faite sans problème bien que nous ayons dû nous faufiler entre les files de poids lourds en attente de leur entrée au Malawi et occupant toute la route.

Nous traversons la Tanzanie vers l’ Est en profitant de paysages agrémentés de centaines de baobabs et de superbes flamboyants

 mais aussi d’étals de fruits et légumes fort bien présentés.

Arrivés à Dar Es Salam, nous traversons l’estuaire avec un ferry où s’entassent des centaines de passagers entre les voitures, ceci dans une ambiance très africaine.

Nous nous installons dans un camping au bord d’une plage, occasion qu’Alain ne laisse pas passer pour aller faire du kite.

En attendant Annie José, nous allons nous renseigner sur la possibilité de passer sur l’île de Zanzibar avec Vagabond. Le devis que nous obtenons ( 1200$ AR) nous dissuade de le faire.

Pour des raisons de sécurité c’est en taxi que nous allons accueillir Annie-José à l’aéroport car elle arrive à minuit.

Nous décidons de faire une sortie d’une journée sur une petite île en face du camping avec une pirogue traditionnelle à double balancier, emmenée par des pêcheurs qui nous préparent le repas sur cet îlot sans aucune infrastructure et aux plages idylliques. Après le repas nous allons faire du snorkeling au dessus des coraux.

Nous laissons Vagabond en gardiennage au camping et partons en tuk tuk pour prendre le ferry rapide (2h30) pour Zanzibar où nous arrivons juste avant un orage.

Zanzibar Town (ou Stone Town) est une ville où, au fil des rues étroites, se mêlent les influences d’Afrique, d’Arabie, d’Inde et d’Europe.

L’après midi nous partons pour Nungwi, petite ville à la pointe nord de l’île. Nous décidons de prendre les transports en commun locaux, petit bus ici appelé dalla dalla, pour effectuer ces 60 km. La gare de bus est à côté du marché et grouille de monde.

Nous voyons arriver le bus qui dessert Nungwi et tentons d’y entrer mais c’était sans savoir qu’il fallait vraiment jouer des coudes pour avoir sa chance et nous nous faisons proprement éjecter. A l’arrivée du bus suivant Alain réussit à résister à cette foire d’empoigne ce qui nous permet d’avoir nos places, seuls blancs à emprunter ce dalla dalla. Au départ la police surveille qu’il n’y ait pas plus de passagers que de places assises mais au fil des kilomètres et des arrêts l’allée centrale à vite fait de se remplir. Tout à coup les personnes debout se jettent à plat ventre car le chauffeur vient de repérer un contôle de police que nous passons ainsi sans encombre.

A Nungwi nous nous installons dans un hôtel à deux pas d’une très belle plage.

Le lendemain nous partons à bord d’un dhow, boutre traditionnel Kenyan,

pour nous rendre à l’île de Mnemba, où plutôt tout près de cette île car elle est privée et son accés réservé à de richissimes touristes. En chemin, nous sommes approchés par un groupe de dauphins. Aussitôt à l’eau nous avons le plaisir de nager au dessus d’eux.

Nous mouillons à quelques dizaine de mètres de la plage pour un repas poisson,

puis c’est à nouveau une séance snorkeling au dessus des coraux.

La fin d’après midi est consacrée à se relaxer en barbotant au bord d’un banc de sable que la marée à découvert. Nous rentrons à la voile au coucher du soleil.

  

Après une deuxième nuit à Nungwi, nous repartons sur Stone Town où nous arpentons les ruelles très touristiques.

Enfin nous reprenons le ferry pour un retour sur Dar où Vagabond nous attend.

Nous partons vers le nord car nous voulons aller en pays Massaï. Les routes goudronnées sont en bon état mais les moyennes sont très faibles car non seulement la vitesse est limitée à 50 km/h sur une grande partie des distances, mais aussi sont truffées de ralentisseurs très cassants. En ajoutant à cela les nombreux poids lourds à bout de souffle ainsi que les barrages de police rapprochés, la vitesse moyenne est souvent autour des 30 km/h.

Juste après Arusha nous quittons la route goudronnée pour une piste accidentée qui serpente au pied de monts volcaniques.

Pendant l’arrêt déjeuner, Annie-José a le plaisir de voir ses 1ères girafes qui s’approchent de nous, puis nous finissons le repas sous une pluie battante.

Nous repartons sur une piste devenue boueuse et sommes rapidement bloqués par un oued en crue qui traverse la piste. Nous devrons patienter une bonne heure pour que le niveau et le débit diminuent afin de pouvoir continuer.

Arrivés près du lac Natron nous devons nous acquiter d’un péage pour rentrer dans cette réserve puis nous nous installons dans un camping tenu par des Massaï au pied du volcan Lengaï, toujours en activité. Ce mont est sacré, chaque année des Massaï de tout le pays convergent ici pour son ascension.

Là nous discutons avec Yona et prenons rendez vous pour aller visiter son doma (village) le matin afin d’assister à la traite des vaches. A l’intérieur de sa hutte, dans la pénombre, il nous parle de ses traditions.

Plus tard il nous guide jusqu’à des cascades que nous atteignons en ¾ h de marche en remontant le lit d’un torrent.

En soirée nous partons sur les bords du lac Natron où vivent des milliers de flamants roses. Selon la saison il y en aurait des millions, la plus forte concentration d’Afrique.

 

Nous nous laissons convaincre par un tour opérator qu’il est mieux de faire la visite du Ngorongoro en papamobile car il nous dit que la descente dans le cratère n’est pas faisable avec Vagabond. Ce parc est situé dans la plaine au fond du cratère d’une vingtaine de kilomètres de diamètre. Les animaux sont libres d’entrer ou de sortir mais il y en a une bonne concentration. Le matin c’est sous la pluie et dans le brouillard que nous montons sur le bord du cratère puis redescendons en son fond. La piste n’est pas si mauvaise que ça et Alain regrette de ne pas être venu avec Vagabond. Bien que le temps reste maussade, le spectacle est bien au rendez vous : Lions, éléphants, gnous, zèbres, phacochères, buffles, antilopes et enfin nous voyons notre 1er rhinocéros noir.

Annie-José n’ayant pas assez vu d’ éléphants nous allons un peu plus au sud visiter la réserve de Tarangire. Dés notre entrée nous cotoyons les éléphants, les girafes et les zèbres. Au moment du repas, nous voyons une lionne semblant repue au pied d’un arbre. Plus loin, nous apercevons un groupe de 6 lions et lionnes se prélassant eux aussi. Nous restons une bonne ½ heure seuls, arrêtés en bord de piste à profiter de ce spectacle.

 

Nous sommes maintenant depuis 10 jours dans la région du Kilimandjaro mais n’ avons aperçu son sommet que quelques minutes. Ici c’est l’été mais aussi la saison des pluies, le kilimandjaro reste dans les nuages. Nous décidons de nous donner toutes les chances de le voir en allant faire son tour par les routes et les pistes. C’est le 3 ème jour, après avoir longé la frontière avec le Kenya que nous sommes récompensés.

Contrat rempli pour la visite d’Annie-José que nous raccompagnons à l’aéroport d’Arusha car son séjour se termine.

Nous allons maintenant à Mwanza, 2ème ville de Tanzanie située en bordure sud du lac Victoria, plus grand lac d’eau douce d’Afrique. Les maisons sont accrochées au flanc des collines, construites entre de gros rochers granitiques, ce qui amène à cette ville une certaine originalité.

De Mwanza nous continuons vers le nord jusqu’à Bukoba. Les paysages sont bien différents plus de baobabs mais des rizières.

A Bukoba nous arrivons le jour de noël. Nous sommes invités par un chilien à nous installer sur son terrain en bord de plage où il organise une après midi festive avec distribution de bonbons et ballons pour les enfants. C’est ainsi que nous nous retrouvons rapidement au milieu d’un millier de personnes, toute la ville venant se promener sur la plage. Ces drôles de blancs, vivant dans leur maison mobile, attisent leur curiosité et nous sommes obligés de nous retrancher à l’intérieur pour pouvoir continuer nos lectures.

  

Encore un pays que nous avons apprécié pour ses paysages, sa faune, sa flore et bien sûr la magnifique île de Zanzibar. La langue est ici le Swahili et cela ne nous a pas aidé à établir des contacts, malgré ça nous avons toujours été bien accueillis, les locaux se montrant toujours prêts à rendre service. Le côté génant c’est que c’est toujours interressé et qu’ils réclament des pourboires. Même l’ophtalmo a qui Françoise a rendu visite nous en a demandé un ! Il est vrai qu’à 2€ la consultation nous avons pu nous permettre de lui donner. Les produits locaux achetés en bord de route sont bon marché (20 centimes pour 6 bananes…) mais pour les touristes la Tanzanie est une destination chère à cause d’un tarif élevé d’entrée dans ses parcs nationaux. C’est d’ailleurs ce qui nous a dissuadés de faire l’ascension du Kilimandjaro, ce qui nous aurait délestés d’au moins 3000€…

Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de la frontière avec l’Ouganda, neuviéme pays d’Afrique dans lequel nous allons entrer le jour de notre neuvième mois sur ce continent.

 

MALAWI

A peine sortis des tracasseries avec les autorités du Mozambique, nous arrivons à Villa Nova da Frontera petit poste frontière avec le Malawi

et rencontrons à nouveau des difficultés, cette fois avec l’agent du service d’immigration qui ne veut pas nous laisser entrer car nous n’avons pas de visa. Nous avions lu qu’il n’ était pas demandé pour les français mais visiblement les règles ont changé depuis. Après de longues discussions nous obtenons un papier nous permettant d’entrer pour aller acheter notre visa au bureau d’immigration de la ville trente kilomètres plus loin.

Le Malawi est surtout connu pour son très grand lac ( ici il est parfois appelé mer ) qui s’étire nord sud sur 500 km soit la presque totalité du pays.

Depuis notre entrée dans ce pays, nous sommes étonnés de voir qu’il est autant peuplé, du moins autour des routes que nous empruntons;pas un instant sans voir de piétons. Tout le long se succèdent les habitations, ici de petites maisons carrées le plus souvent en briques fabriquées et cuites sur place avec toits de chaume ou de tôle.

Le vélo est le moyen de transport le plus utilisé. Les villes grouillent de vélo- taxis, mais ils servent aussi au transport de toutes sortes de marchandises : cochons, chèvres, de gros sacs de charbon de bois et jusqu’à près d’ une stère de bois etc ! Dans ces conditions, les nombreux réparateurs de vélos ne chôment pas.

Avant d’arriver au lac nous faisons étape à Zomba. Nous montons dans la forêt jusqu’à 1500m. d’altitude où nous trouvons un camping dans une ferme truitière sous de très grands arbres. Nous partons randonner, d’abord le long d’un torrent puis continuons de monter jusque sur un plateau à 1800m . De là, nous profitons de points de vue sur la ville et en arrière plan sur un ancien volcan, mais la brume nous empêche de voir le lac.

Dans le parc national de Liwonde, nous partons en bateau sur la rivière parmi de nombreux hippopotames. Sur les berges nous approchons quelques éléphants et de gros crocodiles.

Nous arrivons à la tombée de la nuit à Cape Maclear, petite ville au bout d’une péninsule, et nous engageons dans la rue principale en nous demandant si nous n’allons pas rester coincés entre baobabs,cases et étals.

 

Bien qu’à 450m. d’altitude, nous avons l’impression d’être en bord d’océan avec toujours de grandes plages de sable.

Les pêcheurs ont ici des pirogues originales, taillées dans un tronc d’arbre et creusées sur seulement 20 à 30cm.de largeur, qu’ils enfourchent pour pagayer. Les tout petits poissons sont étalés sur des séchoirs qui occupent une partie des plages.

 

Echaudés par nos problèmes de visas,nous quittons les bords du lac pour un détour par Lilongwe, la capitale, afin d’obtenir nos visas à l’ambassade de Tanzanie.

Tout au long de notre remontée, nous avons été frustrés de ne pas pouvoir nous baigner car malgré la belle couleur de l’eau, il y a des risques de bilharziose. Les locaux viennent y faire leur toilette et leur lessive.

Les passages par des pistes réservées aux 4X4 commençant à nous manquer,nous empruntons celle qui mène à Livingstonia , en forte pente et toute en lacets à flanc de montagne. Les points de vue sur le lac y sont très sympas.

Près du sommet nous nous arrêtons pour aller voir les cascades de Manchewe hautes de 125m.

A noter aussi la belle vie des femmes que leurs maris, occupés à boire des bières, laissent libres de se promener et papoter entre copines avec enfant dans le dos, gros fagot de bois ou 40 kg d’eau sur la tête…

Nous nous approchons maintenant de la Tanzanie où nous allons rapidement entrer car Annie-José (sœur de Françoise) va venir se joindre à nous pour 3 semaines et nous devons aller la récupérer à Dar es Salaam.

Le Malawi nous a semblé être le pays d’Afrique le plus pauvre que nous avons visité jusqu’ici, toutefois la population ne semble pas trop souffrir de cette pauvreté grâce à la nature généreuse qui lui offre quantité de fruits, légumes et poissons.

MOZAMBIQUE

Nous entrons au Mozambique par la ville éminemment touristique de Ponta Do Ouro, station balnéaire connue pour ses centres de plongée, située au fond d’une belle baie de sable fin. Nous faisons nos premiers achats sur le marché animé et avons quelques difficultés à nous faire comprendre car ici la langue est le portugais.


Arrivés à Ponta Malongane, Alain trouve les bonnes conditions pour faire du kite.


En entrant dans la réserve de Maputo nous retenons un camping en bord de mer pour une nuitée. Un plan succint nous est donné mais les repères sur le terrain n’existent plus et nous roulons des heures sur des pistes sablonneuses en ne voyant que quelques animaux, dont 3 éléphants, et ne rencontrant aucun véhicule.

Quand enfin nous nous repérons nous sommes très près du camp mais une grosse branche trop basse nous empêche d’atteindre notre but. Nous repartons donc et décidons de nous arrêter pour la nuit en camping sauvage, c’est alors que nous arrivons, au sommet d’une butte, chez d’improbables habitants ! Une famille vit là, dans la précarité, isolée au milieu du parc. Le chef de famille parle un peu anglais et accepte que nous restions à côté de sa maison. Nous sommes bien sûr l’attraction pour les enfants à qui nous laisserons le lendemain matin le ballon que nous avions acheté pour nos petits enfants. Leurs sourires faisaient plaisir à voir.


A Catembe nous sommes interpellés par les occupants d’une voiture qui se porte à notre hauteur. Il s’agit de Didier, Jeanne et leurs trois enfants, des français installés à Maputo (capitale du Mozambique) et passionnés de voyage. Nous les suivons jusqu’à une plage où nous avons le plaisir de bien discuter. Jeanne travaille à l’ambassade de France et nous laisse son numéro de téléphone au cas où…
Nous mangeons dans un restaurant de plage et dormons sur leur parking, à 300m du ferry que nous devons prendre pour traverser la baie sur Maputo.

Le matin, alors que nous partons vers ce ferry,

nous sommes arrêtés pour un contrôle de police. Nous sentons tout de suite que nous avons à faire à des policiers véreux. Ils examinent tous nos papiers, nous font sortir les triangles et les gilets puis nous disent que nous devons payer une amende pour défaut de ceinture. Alain leur fait remarquer qu’aucun des conducteurs mozambicains ne la portent et qu’ils ne les arrêtent pas. De plus il leur dit qu’il était hors de question de payer sur place et qu’il voulait un reçu et leurs noms pour les transmettre au consulat, ce qui a eu pour effet immédiat de nous laisser repartir sans PV.

Nous traversons Maputo, ville grouillante de piétons dans des rues bordées d’immeubles modernes jouxtant des batîsses coloniales vétustes.



Nous ne nous y attardons pas et nous rendons à Macaneta, petite ville de bord de mer avec une belle plage. C’est là que nous rencontrons Edgar et Marita, grands voyageurs suisses à bord de leur petit fourgon 4X4. Nous sympathisons et partageons une table au restaurant . Eux aussi remontent la côte Est, et il est probable que nous nous retrouverons

. 

A Zavora nous montons au sommet d’une dune par une piste abandonnée qui nous mène à un lodge désaffecté où nous nous installons pour la nuit. Le matin, lors d’ une promenade sur la plage, nous voyons des pêcheurs partir poser leurs filets, debouts sur leurs petites embarcations à fond plat. Françoise profite de l’offre d’un pêcheur pour manger des huîtres à 9 h du matin !


A Praïa do Tofo, nous partons en excursion pour la journée à bord d’un bateau à voile traditionnel jusqu’à Ilha dos Porcos en louvoyant sur la lagune.

Bien que n’ayant pas d’eau douce et que quelques panneaux solaires, cette île est habitée et a sa « clinique » son « super marché », son école et 3 églises.


Sur le retour nous faisons du snorkeling (palmes,masque,tuba) au dessus de grosses étoiles de mer et quelques poissons mais la marée montante crée un courant si fort que nous ne sommes pas restés très longtemps dans l’eau.


La piste pour aller à Praïa do Barra est au pied de la mangrove, ce qui la rend praticable uniquement à marée basse. Nous nous installons dans un camping au bout de cette pointe de sable entre océan et lagune et retrouvons là Edgar et Marita. Nous apprécions le coucher de soleil à travers la mangrove.


A vilanculos, nous entrons dans un beau camping, nous mettre sous un gros baobab feuillu et fleuri.

C’est le point de départ pour les îles Bazaruto que nous atteignons en trois quart d’heure à bord d’une vedette rapide.

Nous gravissons les spectaculaires grandes dunes pour jouir de points de vue de toute beauté sur l’environnement.

Après un bon repas sur la plage nous repartons pour faire du snorkeling au dessus des coraux parmi lesquels nagent des poissons multicolores.