Le Costa Rica est partagé en 2 par une chaîne volcanique qu’il faut traverser pour se rendre de la côte Pacifique à la côte Caraïbe. Pour ce faire, nous passons par le volcan Irazu qui culmine à 3432 m. A notre arrivée au bord du cratère, une épaisse brume nous empêche toute visibilité. Nous attendons qu’elle se dissipe pour pouvoir observer le fond du cratère principal et avons la déception de constater que la lagune vert émeraude qui était en photo sur les dépliants de l’entrée du parc était asséchée (depuis 3 ans nous dira un guide…). Nous bivouaquons dans une prairie près de l’entrée du parc à 3300 m et devons ressortir la couette rangée depuis Janvier ( 7° dehors au petit matin, soit 20° de moins que la moyenne à laquelle nous étions habitués.)
Nous redescendons sur la côte Caraïbe en traversant de très grandes plantations de caféiers puis plus bas d’immenses bananeraies.
En arrivant en bord de mer, nous trouvons une forte ressemblance avec le Bélize. Populations d’indiens et d’afro-caribéens accueillants et très cool, logés dans des maisons en planches sur pilotis couvertes de tôles.
Nous allons au sud jusqu’au bout de la route côtière pour nous poser sur la belle plage de Manzanillo.
Un paresseux nous y reçoit, nous indiquant le rythme à adopter par la chaleur et le taux d’humidité qui sévissent ici.
Nous partons avec un guide à 6 h du matin pour une marche dans la jungle du Parc National de Manzanillo. Nous nous enfonçons peu à peu dans la forêt humide primaire et pouvons voir outre l’exubérante végétation,
de nombreux animaux parmi lesquels des grenouilles rouges ( minuscules mais venimeuses), tarentules, caïmans, chauve-souris, couleuvres, oiseaux, singes et pour finir, en bord de plage, le rare caniche blanc aux oreilles et à la queue rose….
A Bribri, nous allons visiter une plantation de cacao ancestrale d’une famille d’indiens. Les cabosses sont récoltées sur les cacaoyers, puis leur coque est cassée à coups de machette pour récupérer les fèves qui sont laissées 5 jours à fermenter. S’en suit leur séchage au soleil une vingtaine de jours avant de les griller, les concasser puis les broyer pour obtenir une pâte 100°/° cacao. Nous avons droit à une démonstration de leur savoir faire pour ces dernières opérations (voir film).
Dans leur propriété, ils nous font aussi découvrir de nombreuses plantes médécinales ainsi que celles qui servaient de colorant, comme ces graines rouges qu’ils utilisaient pour leurs peintures de guerre et dont Françoise va se parer.
Un peu plus au nord, Cahuita possède aussi son parc en bord de mer avec de superbes plages protégées par une barrière de corail vers laquelle nous allons nager.
Toujours plus au nord, il n’y a plus de route le long de la côte mais une piste mène à un parking où nous laissons Vagabond pour emprunter un transport public en lancha, seul moyen de se rendre à Tortuguero. Nous arrivons après une heure et demi de navigation sur des canaux zigzagant au coeur de la jungle.
Ce village sur une langue de terre entre mer Caraïbe et lagune qui était habité par des pêcheurs de tortues s’est totalement reconverti au tourisme depuis la création du parc national.
Nous passons une nuit dans une « cabinas » afin d’être prêt à 6 h du matin pour une balade en canoë dans ce parc. Nous approchons en silence au plus près d’une grande variété d’oiseaux, mais aussi de caïmans et d’iguanes.
Une promenade sur la plage nous permet de voir des tortues venant d’éclore escalader avec peine les bords de leur nid avant d’effectuer une course effrénée vers l’océan.
De retour sur la côte Pacifique, nous restons 4 jours sur la plage d’Esterillos, bon spot de surf et lieu de villégiature de nombreux aras rouges que nous ne nous lassons pas d’admirer.
A notre entrée au Costa Rica, nous allons nous mettre au vert 2 jours dans une finca. Le seul véhicule qui s’y trouvait était français, celui de Liliane et Alain qui font leur périple aux Amériques dans l’autre sens. Nous échangeons de nombreuses infos pour la suite de nos voyages et partons randonner à la recherche des paresseux qui vivent dans ces fôrets exhubérantes. Recherche vaine, nous ne pouvons voir que le petit recueilli par les maitres des lieux suite à son abandon par ses parents, quelques oiseaux et singes hurleurs.
Nos approches de l’océan Pacifique dans les précédents pays d’Amérique centrale avaient été quelque peu frustrantes à cause des accés très limités au bord de mer. Ici, au contraire, il est très facile de bivouaquer sur les grandes plages et nous en profitons un maximum pendant 2 semaines. Nous commencons par le golfe de Papagayo où les eaux tranquilles nous permettent des promenades en kayak parmi les tortues et les raies. Plus bas nous rejoignons Pascal, Laeticia et Théo et ce sont les baignades « massages » dans les grosses vagues appréciées par les surfeurs.
Sur certaines plages comme celle d’ Ostional les tortues vertes viennent pondre par centaines les nuits « d’abrivada ». Le matin, le spectacle est désolant car la plage est envahie par des centaines de vautours et de nombreux chiens venus déterrer des milliers d’oeufs pour s’en repaître. Un soir nous assistons à la ponte de l’une d’entre elles. Ce sont de grosses tortues de 80 cm à 1 m pesant 120 kg, pourtant bien plus petites que les tortues luth qui leur succéderont à partir du 20 Octobre, ces dernières atteignant 450 kg.
Nous sommes à la saison des pluies et les pistes que nous empruntons avec « le Palathéo » pour faire le tour de la péninsule de Nicoya ont été ravinées. Quelques passages de rios d’eau boueuse ont nécessité une reconnaissance à pied pour trouver l’endroit le moins profond… et la sortie sur l’autre rive parfois décalée d’une bonne centaine de mètres. Il est vrai que nous sommes partis sur un itinéraire très peu fréquenté fortement déconseillé en cette saison par les guides touristiques.
Pour pimenter un peu le parcours et profiter un maximum de la nature sauvage, nous empruntons à nouveau des pistes de montagne pour atteindre le pied du volcan Arenal. Après quelques traversées à gué de larges torrents, nous arrivons à un pont en planchettes plus ou moins vermoulues clouées sur 2 gros troncs d’arbre. Heureusement le seul autochtone que nous y rencontrons nous affirme que nous pouvons nous y engager car il a déjà vu passer un camion chargé de 4 vaches ! Pour le Palatheo, avec ses 14 tonnes, pas question de rouler dessus, mais sa garde au sol impressionnante lui permet de traverser à gué sans problème dans un mètre d’eau. Plus loin, un retrécissement nous oblige à sortir machette et pioche pour libérer le passage et enfin arriver au bord de la lagune Arenal qui se trouve au pied du Volcan.
Avant de quitter la Fortuna, nous allons voir la belle cascade de 70 m, au pied de laquelle nous pouvons enfin nous baigner dans une eau presque fraîche.
Au Costa Rica, l’économie est largement dominée par l’industrie touristique. Le contraste avec les autres pays d’Amérique Centrale est frappant et le coût de la vie est sans commune mesure (égal voire supérieur à celui de la France). Les abords des sites les plus visités sont envahis d’attractions à l’américaine accessibles à prix fort (location de quad, jet ski, tyroliennes, vue sur la canopée en téléphérique, promenades à cheval…). Nous ressentons un petit malaise vis à vis de tous ces commerçants qui nous prennent pour des coffres forts sur pattes, l’argent faussant les relations. Ceci explique que nous ayons choisi des chemins en dehors des circuits touristiques, nous permettant de retrouver un peu d’authenticité auprès des habitants du Costa Rica profond et de nous fondre dans une nature restée intacte de tout développement immobilier.
Ici,le slogan national est »Pura Vida » et on se l’entend dire à tout propos par les »Ticos », alors à notre tour, nous souhaitons à tous ceux qui nous lisent une »Pura Vida » . A bientôt.
Plus de photos
Si vous voyez Françoise floue, c’est parce qu’elle vient de tester les différentes bières….
Le Honduras est classé « rouge » par le ministère des affaires étrangères qui fait circuler des infos alarmistes sur la sécurité des touristes dans ce pays. Nous décidons de le traverser dans sa partie la plus étroite (150 km), près de la côte Pacifique, sans nous y arrêter. Nous passons donc une journée paperasserie et attente aux différents guichets, avec fourniture d’innombrables photocopies pour sortir du Salvador, entrer au Honduras, sortir du Honduras et enfin entrer au Nicaragua. La palme revient à l’agent des douanes très zélée à l’entrée du Nicaragua à qui nous posons un problème insoluble: son formulaire pour enregistrer les équipements de loisir n’est prévu que pour 3 articles et nous en avons bien plus avec nos vélos, notre kayak, nos kites et nos équipements de plein air… Nous attendons plus d’une heure que le sous-chef soumette le problème au chef, qui après nous avoir fait ouvrir le coffre (la 1ère fois depuis le début du voyage) accepte de nous laisser passer.
Nous faisons notre première halte au Nicaragua seulement quelques kilomètres après la frontière, pour profiter du Canyon de Somoto. Accompagnés de Luis, notre guide, nous partons pour une « marche canyoning » de 3h au fond de ces gorges avec quelques sauts dans les marmites suivis de nage entre des parois de 200 m de haut.
Pour nous rendre d’Esteli à Leon nous suivons les directives de notre GPS et nous nous retrouvons rapidement sur une piste de terre où nous roulons à allure modérée jusqu’au moment d’aborder une grande descente sur laquelle une averse venait de s’abattre. Au pied de cette descente, un autobus et 2 camions s’étaient mis en travers, incapables de repartir car une couche de terre argileuse avait été répandue, transformant cette partie en patinoire. Nous réussissons à nous immobiliser sur le bord puis allons à pied, non sans mal, rejoindre les véhicules en perdition pour savoir ce qu’il fallait faire. Réponse: attendre que ça sèche pour retrouver un peu d’adhérence. Après 2 h d’attente, les camions ont pu se dégager et nous avons pu finir cette descente un peu en crabe mais en évitant les fossés.
Nous sommes alors en pleine campagne et le jour commence à baisser, nous nous arrêtons pour demander à des autochtones si nous pouvons passer la nuit garés dans leur cour, demande immédiatement acceptée. L’entrée est un peu étroite car adaptée aux charrettes et pour cette famille (3 générations) c’est vraiment un évènement de découvrir un camping car! quand nous demandons si Leon est loin de chez eux, le père nous répond 4 à 5 h, repris par la fille qui nous spécifie à dos de mule!
Leon est une jolie ville coloniale qui a été le berceau de la révolution au Nicaragua, la ville entière s’étant rebellée contre la famille Somoza, des dictateurs impérialistes, qui s’étaient succédés sur 3 générations.
Nous allons visiter le musée de la révolution, guidés par un ancien combattant fier de montrer les photos sur lesquelles il apparaît.
Le pays semble maintenant avoir trouvé une certaine stabilité, aidé par le programme Sandino socialiste mené par le gouvernement Daniel Ortega. Les routes principales sont les meilleures que nous ayons rencontrées jusque là en Amérique Centrale, la majorité des logements y sont bien moins précaires, l’accés à la santé est gratuit ainsi que celui à l’éducation. L’état fournit aussi vaches, cochons et volailles pour subvenir aux besoins d’alimentation dans les campagnes. Bien sûr tout n’est pas idyllique car toutes ces aides sont accompagnées de corruptions et les dirigeants s’enrichissent, comme partout, au détriment du peuple….
Nous allons à Leon Viejo, l’ancienne ville de Leon, visiter les vestiges de cette cité fondée au bord du lac Managua en 1524 par les Espagnols, juste en face du volcan Momotombo qui causa son abandon en 1610.
Nous arrivons à Managua, la capitale, au début des fêtes célébrant l’indépendance des pays d’Amérique Centrale par rapport aux Espagnols (15/09/1821). Ces fêtes s’étalent sur tout le mois de Septembre, dans tout le pays. Nous trouvons la ville en pleine effervescence car c’est l’entraînement pour des milliers de policiers et aussi une journée de parade pour toutes les écoles venues participer, à grand renfort de fanfares, au défilé patriotique commémorant la liberté et l’unité Centroaméricaine.
La Cathédrale endommagée par un terrible tremblement de terre en 1972 n’a toujours pas été restaurée.
Nous obtenons l’autorisation de nous installer au port, à côté de la jolie promenade du bord du lac Managua.
Le volcan Masaya est facile d’accés car la route monte jusqu’au bord du cratère, mais la vue sur celui-ci est réduite par l’importante fumée qui en sort. Elle est accompagnée de gaz toxiques qui interdisent de bivouaquer là.
Nous nous rendons à la très belle lagune d’Apoyo, formée dans le cratère du vieux volcan du même nom. Là nous entrons à l’auberge » Fendaci Gaia », une fondation qui a pour vocation de soigner des animaux sauvages blessés et les relacher une fois rétablis. Pour financer cette activité, ils accueillent dans leur lodge des étudiants étrangers à qui ils dispensent des cours d’Espagnol. Nous en profitons pour essayer de corriger quelques unes des plus grosses fautes dues à notre auto apprentissage, en prenant une leçon de 4 h avec une professeur très intéressante.
Granada est une autre belle ville touristique avec ses rues piétonnes, ses grands bâtiments coloniaux et sa cathédrale. Nous stationnons pour la nuit sur le parking du bureau de la police nationale du centre touristique au bord de la plage du lac Nicaragua, de sa promenade…et de sa discothèque de plein air qui nous tiendra éveillés jusqu’à 3h 30 du matin à grand renfort de karaoké pas toujours mélodieux…
Nous rejoignons à nouveau la côte Pacifique à Chacocente où une réserve de tortues marines a été mise en place. Chaque jour de grosses tortues viennent pondre sur cette plage sous haute surveillance. Les oeufs sont aussitôt récupérés pour être mis à l’abri dans des sacs de sable pour trois mois d’incubation. Nous avons la chance d’arriver un jour où 276 tortues avaient éclos et à la tombée du jour nous participons à leur remise à l’océan.
Le très grand lac Nicaragua (150 km de long) entoure l’île volcanique d’Ometepe. Nous nous y rendons en empruntant un petit ferry vétuste, Vagabond coincé entre un camion et …un cercueil. L’arrivée au port de Moyogalpa nous offre une très belle vue sur les volcans Conception (1610 m,actif) et Maderas (1394 m, éteint). Nous faisons le tour de cette île dont seulement une partie des routes est goudronnée ou pavée, le reste empruntant des chemins parfois cahotiques au milieu d’une végétation dense et de plantations de bananiers, manguiers et de maïs parmi les rochers de pierre volcanique. A ces endroits retirés, la population se déplace à pied, en deux roues ou à cheval et est logée un peu plus chichement qu’ailleurs.
Nous allons randonner dans la réserve de Charco Verde en commençant par la visite d’une serre à papillons, dérogeant ainsi au principe que nous avions depuis le début du voyage de ne photographier que des animaux en liberté.
Ensuite, nous marchons dans la forêt avec au-dessus de nos têtes de nombreux singes et oiseaux, jusqu’à la plage Rancon où nous nous baignons en face d’une petite île.
La plage Santo Domingo située au point le plus étroit de l’ île, entre les deux volcans, est ventée. Alain en profite pour aller kite-surfer avec pour seuls spectateurs vaches et chevaux.
De retour sur la côte pacifique nous allons traîner et nous baigner sur les belles plages de Marsella et Maderas, non loin de San Juan Del Sur.
San Juan Del Sur est la station balnéaire huppée du Nicaragua, au fond d’une jolie baie dominée par une statue du Christ.
A l’extrême sud, nous allons bivouaquer sur la page du village de pêcheurs El Ostional a quelques kilomètres du Costa Rica.
A l’entrée du Salvador nous avons affaire à un douanier accueillant. Sur ses conseils , nous choisissons d’aller en bord de mer et arrivons au village de pêcheurs de Garita Palmera le long d’une grande plage. Ne trouvant aucune structure touristique, nous nous hasardons à demander à une famille de pêcheurs si nous pouvons entrer sur leur propiété (sous les cocotiers à même la plage) pour y passer la nuit, ce qu’ils acceptent immédiatement. A peine installés, un des fils grimpe à un cocotier pour cueillir quelques noix et nous offrir leur eau pour la bienvenue. Ils nous disent que c’est la première fois qu’ils voient un véhicule d’Europe dans leur village et sont fiers de nous recevoir. Le soir ils nous invitent à venir manger du poisson grillé, tout en échangeant sur nos conditions de vie respectives. Encore merci à la famille Gamez.
Nous nous rendons au Parc National de l’Impossible, les derniers kilomètres au ralenti sur une piste en très mauvais état. Le lendemain nous partons en randonnée en nous joignant à un groupe de gardiens de parcs en formation et bénéficions des enseignements de leur encadrant, qui profite de notre présence pour se renseigner sur la végétation française. Le chemin serpente sous une végétation dense et variée laissant passer juste un peu de lumière. Depuis le mirador nous avons une belle vue sur la canopée puis après une longue descente abrupte nous arrivons au confluent de deux ruisseaux où nous nous baignons. Le retour est assez éprouvant mais ces 4 h de marche dans cet environnement en valaient la peine. De plus là aussi les contacts ont été chaleureux avec ce groupe sympathique, chacun tenant à être pris en photo avec nous. Avant de repartir, Miguel vient nous donner ce petit mot en souvenir.
Nous montons au « Cerro Verde » pour une nuit sur le parking du Parc National Los Volcanes à 2000 m d’altitude, enfin un peu de fraîcheur. Le matin, nous sommes abordés par deux couples de touristes l’un Américain et l’autre Colombien ( accompagnés d’un guide et d’un agent de sécurité) se prenant en photo avec Vagabond. Après la coutumière visite de « nos appartements » les jeunes mariés Colombiens nous laissent leurs coordonnées et nous invitent à passer les voir lorsque nous serons à Medellin.
Il faut attendre 11 h pour pouvoir partir grimper sur le volcan Santa Ana, le plus haut volcan Salvadorien ( 2365 m). En effet la randonnée ne peut se faire qu’encadrée par 2 guides et 2 policiers armés pour éviter tout problème de banditisme. Après plus de 2 h de crapahutage en compagnie animée d’un groupe de jeunes en sortie paroissiale, la récompense est là: nous arrivons au bord du cratère au fond duquel se trouve un lac d’une couleur à rendre Vagabond jaloux. La vue depuis ce sommet est magnifique aussi bien sur ce cratère que sur le Volcan Izalco, et plus bas sur le lac Coatepeque.
Nous nous rendons à ce lac le lendemain mais nous n’y restons pas car les chemins qui approchent ses rives n’y donnent accès que par des propriétés privées.
Nous passons le week-end à Suchitoto à côté du lac Suchitlan.
Nous allons fêter notre anniversaire de mariage( le 39ème…) à l’hôtel-restaurant Los Almendros connu comme un des plus beaux établissements du Salvador. Nous sommes accueillis dans cette vieille demeure magnifiquement restaurée et décorée par les propriétaires Pascal et Joaquim. Pascal est français et nous reçoit chaleureusement en nous parlant de Nîmes où il a eu travaillé. Après un bon repas il nous invite à profiter de la piscine.
Le dimanche est une journée consacrée à la fête annuelle du maïs. La place principale est très animée avec les nombreux stands qui s’y sont installés et même les miss locales sont en parade.Une procession se rend à l’église avec de nombreuses offrandes de nourriture. Ici, le maïs a toujours une place primordiale dans les repas et ce n’est pas nouveau puisque les Mayas le vénéraient déjà il ya plus de 1000 ans. Le soir nous assistons à un feu d’artifice de clôture bien fourni.
Suchitoto a été un centre important de production de l’indigo (le colorant anil est obtenu à partir de la plante jiquilite) qu’ils exportaient à grande échelle vers l’Europe. L’avènement des teintures synthétiques a ruiné l’économie de cette ville mais aussi affaibli celle du Salvador. Le gouvernement a réagi en promotionnant la culture du café mais cela n’a pas bénéficié à Suchitoto car il se cultive sur des terres plus élevées.
A la sortie de la ville, nous allons visiter la cascade « Los Tercios », curiosité géologique. Cette falaise est entièrement constituée de colonnes de pierres hexagonales empilées. Bien que nous soyons en saison des pluies, cette année est particulièrement sèche et le site n’a de cascade que le nom. L’office du tourisme nous a informés que cette visite ne pouvait se faire qu’accompagnés de la police touristique car le site est assez isolé. C’est donc avec deux policiers fortement armés que nous nous y sommes rendus.
Devant notre étonnement de voir leurs bureaux protégés par des sacs de sable, ils nous expliquent qu’ils sont actuellement nationalement victimes d’attaques à la grenade de la part des narco-trafiquants…. Du coup, nous ne sommes plus certains de faire le bon choix lorsque nous bivouaquons en face de chez eux.
A San Salvador, la capitale, nous allons visiter la très originale église de El Rosario dont l’extérieur en béton encrassé ne laisse pas deviner la beauté de l’intérieur. Ce sera le seul arrêt que nous ferons dans cette ville car les rues sales et nauséabondes ne nous ont pas incités à la promenade.
Nous rejoignons le bord du Pacifique à côté de la Libertad et réussissons à trouver un parking au bord de la plage de Palmercito où nous passons deux jours avec le choix de baignade tonique dans les rouleaux ou plus tranquille dans les piscines aménagées à même les rochers encadrant la plage.
Nous traversons La Libertad en pleine semaine de la jeunesse et croisons un long défilé en musique et danse. Leurs banderoles revendiquent la non violence car ce mois d’Août a semble t il atteint des records de nombre d’homicides au Salvador (plus de 700 si on en croit les gros titres de la presse).
Pour un peu échapper à la chaleur et l’humidité étouffantes du bord de mer, nous partons vers les montagnes. Au dessus de 1000 m, nous traversons des Fincas (plantations de café).
Nous atteignons la laguna de Alégria où nous nous installons au bord du lac de cratère, puis nous en faisons le tour à pied par un chemin tracé dans les terres sulfureuses.
Le lendemain nous visitons la jolie petite ville de montagne d’Alégria qui offre de très beaux points de vue sur les vallées et dont beaucoup de maisons sont couvertes de fresques murales.
En se rapprochant de la frontière du Honduras, nous découvrons un petit village de pêcheurs « Playitas » blotti au fond d’une plage de sable noir.
Le Guatemala
Nous commençons la visite du Guatemala par le site archéologique Maya de Yaxha qui se trouve près d’un lac en pleine jungle, lui donnant un charme particulier. Durant la visite, nous voyons des singes araignées, des toucans, un pic, des coatis mais aussi des singes hurleurs, ceux-là même qui la nuit précédente nous ont tenus réveillés par leurs vocalises d’une intensité étonnante ressemblant parfois à de forts aboiements, parfois à de longs rugissements rauques.
L’accompagnement sonore dans les aigus est effectué par les jolies cigales locales appellées ici Chicharras.
Après une nuit au bord du lac de Peten Itza
nous visitons ce qui fut la plus grande cité Maya du nom de Tikal elle aussi nichée dans la jungle. Ce site a été occupé de 800 avant JC jusqu’à 900 après JC et la ville s’étendait sur 65 km². Nous parcourons pendant plus de 3 heures les chemins reliant les dizaines de vestiges inégalement restaurés et cotoyons à nouveau cette flore resplendissante, ici aussi occupée par la même faune qu’à Yaxha avec en prime dindons ocellés et renards.
La ville de Flores, elle aussi au bord du lac de Peten Itza, a son centre sur une île, et comme toutes les petites villes du Guatemala, elle est inlassablement sillonnée par des centaines de Taxis « Tuc-tuc ».
Rio Dulce est un port sur le lac de Isabal, à l’entrée du canyon qui le relie à travers la jungle à la mer Caraïbe. Nous nous y arrêtons pour une nuit sur le parking d’un hôtel luxueux, Françoise ayant besoin de repos car elle a contracté le « Chikungunya ».
La belle route pour se rendre à Lanquin se transforme soudainement et sans avertissement en une piste qui grimpe dans la montagne, par endroit défoncée à cause des fortes pluies qui s’étaient abattues 2 jours avant notre passage. En chemin nous prenons un homme en stop, il nous propose d’aller bivouaquer à côté de chez sa fille institutrice qui s’avère habiter en pleine montagne au bord d’un petit chemin où nous réussissons à nous garer. Toute la famille, dont de nombreux gamins, est heureuse de pouvoir visiter Vagabond, mais la communication avec certains est difficile car leur dialecte est ici le »quetchi » et tous ne parlent pas Espagnol.
Près de Lanquin, nous allons visiter le joli site des cascades de Semuc Champey. La montée à pied jusqu’au mirador qui permet une vue d’ensemble s’avère éprouvante pour Françoise car elle est fievreuse et ses articulations sont douloureuses. De retour près de l’eau la baignade a été appréciée.
La moyenne montagne est très cultivée même sur des terrains très pentus qui ont été défrichés pour la culture du maïs, causant des problèmes de ravinement de terrain. Les parcelles moins inclinées sont plantées de quantité de tomates, brocolis, choux et carottes. En passant à côté de ramasseurs de carottes nous sommes interpellés. Nous nous arrêtons pensant qu’ils voulaient nous en vendre et avons la surprise de nous en voir offrir 2 kilos.
Nous traversons Guatemala City, la capitale, où le trafic est dense et rapide. Le code de la route semble ici briller par son inexistance et les magnifiques autobus sont parmi les plus véloces. 35 km plus loin nous arrivons à Antigua, l’ancienne capitale, nichée au pied de trois volcans dont un « Fuegos » est toujours en activité. Cette ville a été plusieurs fois détruite par des tremblements de terre et en porte toujours de nombreuses séquelles, les édifices en ruine cotoyant les petites maisons reconstruites le long de ses rues pavées.
Le lac de Atitlan est lui aussi entouré de 3 volcans et de nombreux villages le bordent.
Nous nous installons à Panajachel et partons en « lanchas »(barque à moteur) pour visiter 3 d’entre eux. La spécialité de San Juan La Laguna est le tissage que de nombreuses femmes rassemblées en coopératives exécutent. Nous assistons à une démonstration du filage, de la teinture naturelle à partir de plantes et d’eau de bananier servant de fixateur, puis du tissage le tout effectué à la main sans aucune mécanisation.
A San Pedro la laguna, nous allons voir une plantation de café puis une installation où les grains sont séparés de l’enveloppe puis après 8 h de fermentation sont lavés, triés puis séchés au soleil prêts à l’exportation.
A Santiago Atitlan, outre sa jolie église, la curiosité s’appelle « Maximon », il s’agit d’une statue en bois effigie d’une »divinité » Maya qui est hébergée pour un an chez un habitant chargé de la surveiller…et de recevoir des offrandes parmi lesquelles les cigares et le rhum sont appréciés!! D’ailleurs Maximon lui même est affligé d’un gros cigare.
Après ces villages de bord de lac nous prenons un autobus local pour aller à Solola par une route sinueuse et en forte pente (500 m de dénivelé en seulement 7 km) car c’est jour de marché.
Dans ces montagnes Guatemaltèques, les femmes sont toutes joliment vêtues de façon traditionnelle.
Nous allons sur la côte pacifique à Champerico, petite ville de bord d’océan connue pour sa grande plage mais sommes déçus de la trouver assez sale. De plus, tout le monde nous prévient que l’endroit est dangereux, des touristes ayant été victimes d’attaques à main armée. Nous allons passer la nuit garés dans une rue près du poste de police.
Le lendemain nous prenons la direction de Puerto San José et nous nous trouvons bloqués dans d’immenses bouchons,la route étant envahie par des manifestants. Les élections présidentielles auront lieu dans moins d’un mois ce qui a l’air de créer pas mal de tension dans la population.
Nous pouvons nous installer sur un parking gardé de la belle plage de sable volcanique de Puerto San José et profiter de l’océan. A 5h du matin, nous sommes réveillés car Vagabond est secoué, nous demandons pourquoi le remuer ainsi et n’obtenons pas de réponse. Un coup d’oeil par les fenêtres et nous ne voyons personne. Nous apprenons le matin que la terre à tremblé, causant quelques dégats au bâtiment déja dégradé à proximité.
Nous restons un peu dubitatifs quand à la sécurité au Guatemala. Partout des agents de sécurité avec fusil à pompe officient. Ainsi beaucoup de camionneurs en sont accompagnés et les principaux magasins sont gardés. Doit on se sentir rassurés par toutes ces personnes armées?
L’entrée au Bélize met fin à notre périple en Amérique du Nord qui aura duré 16 mois. A nous l’Amérique Centrale!
Ce pays est coincé entre la mer des Caraïbes, le Mexique et le Guatémala. Les habitants se sont montrés très accueillants, nous souhaitant la bienvenue dans leur pays, et espérant que nous en parlions en bien à notre retour en France. Le tour de France venait d’être retransmis sur leur télé nationale, et nombreux sont ceux qui venaient nous dire qu’ils avaient découvert notre pays à cette occasion. Le vélo est ici très populaire par nécessité, même si leurs montures sont bien loin de ressembler à des vélos de course.
A Orange Walk nous dénichons une distillerie de rhum et allons demander au gardien si nous pouvons la visiter. Bien que notre demande lui paraisse incongrue, il revient avec l’accord de la direction qui met un guide à notre disposition pour nous expliquer tout le process. A la fin de la visite, non seulement il refuse tout pourboire mais il est fier de nous offrir 2 bouteilles de rhum!
Sartaneja est un village de pêcheurs au bout d’une piste de 65 km traversant des propriétés exploitées par des communautés Mennonites qui se déplacent toujours avec leur carriole à cheval, vêtus de façon traditionnelle. Ce village est constitué de maisons très modestes souvent faites de planches et de tôles mal ajustées. Une majorité des habitants est constituée de descendants d’esclaves Africains (Garifunas), mais on rencontre aussi beaucoup d’Asiatiques. Bien que l’anglais soit ici la langue officielle, on entend beaucoup parler espagnol, mais aussi quelques autres langues pour nous inconnues.
Sur la route de Dangriga, nous passons à côté du « Blue Hole », une jolie petite cenote dans laquelle nous allons nous rafraîchir.
Dangriga est dotée d’une belle plage qui fait sa réputation et quelques petits hôtels s’y sont installés à côté des habitations toujours aussi rustiques. Alain profitera de ce bivouac sur la plage pour aller faire du kite au grand étonnement des locaux qui ne connaissaient pas cette activité!
Au bord de la route en direction d’Hopkins, nous sommes étonnés de voir des arbres du voyageur parmi la dense végétation et les vertes plantations d’orangers.
Plus au sud, Placencia est un autre village de pêcheurs qui se convertit lentement au tourisme grâce à ses plages réputées mais qui ne nous ont pas enchantés car là aussi envahies d’algues.
Nous traversons la capitale Belmopan sans trop nous en apercevoir. C’est plutôt un grand village (16000 ha) fait de petites maisons qui nous donne la mesure de ce pays.
Juste avant la frontière avec le Guatemala, nous nous arrêtons à San Ignacio, c’est Samedi, jour où s’y tient le plus grand marché du pays dans lequel nous allons flâner.
Nous avons donc traversé le Bélize en 4 jours seulement et nous en retiendrons la gentillesse des gens, la petite taille des villes où la vie semble s’écouler paisiblement bien que dans un grand dénuement. Nous avons évité Bélize City la plus grande de ces villes, préférant rester plus côté nature et bord de mer.
Côte Caraïbe du Mexique
Isla Mujeres est une petite île en face de Cancùn, nous empruntons un ferry pour aller y passer une journée où nous jouons aux touristes « conventionnels »de voyages organisés.
Nous optons pour une très prometteuse promenade de 4 h en barque le long de la côte Est avec au programme la visite d’un musée sous-marin, la possibilité de voir dauphins, requins et tortues avec un repas dans un restaurant. Le musée sous-marin nous a permis de nager au dessus d’une série de petites statues en béton ressemblant plus à des alignements de poteaux, puis « clou du musée » au dessus d’une voiture immergée à cet endroit! Plus loin, nous avons pu voir deux dauphins effectuant des sauts sur commande dans un espace cloturé, puis nous avons eu droit au spectacle affligeant de deux requins dormeurs emprisonnés eux aussi dans un enclos avec possibilité d’aller se faire prendre en photos avec ces pauvres bêtes dans les bras! Seul le repas correct sauvera cette excursion. Nous allons finir la journée sur la très belle plage nord, sable blanc et eau turquoise nous réconciliant avec cette île.
Nous quittons Cancùn, ville pour nous sans intérêt, pour partir vers le sud le long de la côte Caraïbe, côte éminemment touristique si bien que nous n’avons plus l’impression d’être au Mexique. Les complexes hoteliers se succèdent ainsi que les parcs d’attraction, delphinariums et autres tyroliennes, le tout promotionné à l’aide de grands panneaux publicitaires écrits en anglais; De même les prix sont affichés en dollars si bien qu’on a l’impression d’être retournés aux USA. Ce n’est pas ce que nous sommes venus chercher au Mexique et nous ne nous attardons donc pas sur cette région.
Nous nous arrêtons tout de même à la belle plage d’Akumal car de nombreuses tortues ont élu domicile dans ses eaux. Les baignades deviennent des moments magiques parmi elles. Seul bémol,toute la côte Caraïbe a été envahie d’algues, transformant les plages idyliques de sable blanc en long ruban marron et nauséabond qu’il faut traverser avant d’atteindre les eaux claires. Nous nous régalons aussi à nager jusqu’au dessus de la barrière de récifs coralliens. Une mauvaise manipulation nous prive de photos faites à cette occasion.
Une autre attraction de la péninsule maya sont ses nombreuses cénotes. Il s’agit de grottes ou de trous remplis d’eau douce, reliés par des rivières souterraines. L’eau y est d’une grande limpidité et les baignades sont bien rafraîchissantes.
Tulum était un port fortifié Maya, son site archéologique surplombe la mer et bien que la taille de ses constructions soit modeste, sa visite est très agréable en se promenant au milieu des palmiers.
A notre arrivée au lac Bacalar, nous sommes agréablement surpris par la couleur et la clarté de l’eau vraiment inhabituelles pour un lac; Les pontons avec paillotes sont du plus bel effet. Nous passons plusieurs heures à nous baigner en compagnie de Pascal, Laeticia et Théo que nous avons retrouvés depuis notre retour de Cuba dans le même avion ( nous les avions rencontré à Los Angeles en Décembre).
Vagabond se sent tout petit à côté du « Palatheo »
Dernière étape au Mexique à Chetumal où nous nous installons sur un camping en bord de mer avec piscine et wifi afin de mettre à jour notre blog.
Demain passage vers l’Amérique Centrale en commençant par Le Bélize.
Vagabond transformé en taxi 12 places pour le retour de la plage Isla Blanca
La Havane, capitale de CUBA n’est qu’à une petite heure de vol de Cancùn.
Dés notre arrivée le dépaysement nous frappe. Les fameux taxis utilisant les grosses voitures Américaines des années 50 se pressent dans les rues (embargo Américain de 1961 oblige…).
Il y a aussi de nombreux vélos taxis couramment utilisés par les Cubains.
Nous pensions pouvoir louer une voiture pour silloner l’île mais il a fallu se rendre à l’évidence que les locations sont réservées aux clients des tours opérators. Nous allons donc nous renseigner pour nous déplacer en spartiates et surchargés autobus locaux appelés ici « guagua » mais nous nous heurtons à nouveau à un refus de nous vendre des tickets ! En tant que touristes, nous devons emprunter les bus modernes et onéreux des tours opérators !
Un jeune chauffeur de taxi, nous propose de nous prendre en charge pour 8 jours à prix forfaitaire en nous laissant le choix des destinations. Nous acceptons, et c’est donc en Chevrolet 1952 que nous allons nous déplacer à Cuba et nous nous ferons déposer pour des hébergements chez l’habitant.
A La Havane, nous découvrons une grande ville avec de belles places bordées de beaux édifices qui sont soit des bâtiments d’état, musées ou hôtels de luxe pour touristes fortunés. Nos promenades à pied dans les quartiers populaires nous laissent voir nombre d’immeubles en décrépitude dans lesquels une grande partie de la population vit dans des conditions de salubrité douteuses…
Nous prenons l’autoroute nationale pour Santa Clara, relativement belle chaussée (2X3 voies) mais avec quelques nids de poules ; de plus il faut compter avec des chevaux, des charrettes qui traversent en coupant le terre plein central et des vendeurs de fromage sur la voie de gauche.
C’est en 1959 à Santa Clara que Che Guevara a mené de main de maître l’attaque d’un train blindé pour la révolution contre Batista et c’est dans cette ville qu’a été construit un imposant mémorial surmontant le musée qui lui est consacré.
Tout au long des routes on peut voir des portraits à la gloire du Che ainsi que des panneaux de propagande révolutionnaire signés de Fidel.
Trinidad est une petite ville pleine de charme avec toutes ses rues pavées et ses petites maisons colorées. Le soir, comme dans toute les villes ici, il règne une grande agitation sur les places et dans les restaurants avec musique et chanteurs. Nous en profitons pour y déguster des langoustes puis aller prendre le frais en sirotant des mojitos et des canchancharas (spécialité du coin à base de rhum bien sûr), Françoise a adoré.
A l’approche de Cienfuegos, les HLM nous surprennent un peu, puis nous découvrons le centre avec ses beaux bâtiments autour de la place, le malecon et le petit port de pêche.
Entre Cienfuegos et Giron, la route longe la mer dont nous apprécions la couleur turquoise. Nous nous arrêtons à Playa Peces pour aller nous baigner et constater que nous n’avons pas des vies faciles… Devoir se tremper dans la mer des Caraïbes dans une eau translucide trop chaude pour vraiment nous rafraîchir, devoir se frayer un chemin parmis les poissons multicolores tout en évitant les coraux, dur dur… Mais bon, nous l’avons bien cherché alors nous assumons !
Giron est à l’entrée de la baie des cochons, nous allons visiter le musée retraçant la victoire de 1961 des troupes de Fidel sur la tentative d’invasion des mercenaires américains.
A côté de Pinar Del Rio nous allons visiter une plantation de tabac. Le patron nous explique tout le processus qui s’étale sur 4 ans depuis l’ensemencement jusqu’à la fabrication du cigare. Puis il nous fait une démonstration du roulage. Nous ne pouvons pas voir de champ de tabac car nous sommes hors saison. Inversement pour la canne à sucre, nous en traversons de grandes étendues mais n’avons pas trouvé de distillerie de rhum à visiter.
A côté de la petite ville de Vinales, nous nous rendons dans la vallée des Mogotes. Ce sont de curieux rochers recouverts de végétation. Nous allons aussi visiter la Cueva del Indio ( grotte de l’indien).
Nous terminons notre itinéraire par la plage de Cayo Jutias, superbe plage de la côte nord où nous passons la journée entourés de familles Cubaines. Nous apprenons alors que les plages plus à l’ouest qui sont aménagées pour les touristes leur sont interdites car trop proches de la Floride nous diront ils…
Pour les touristes, le coût de la vie n’est que légèrement inférieur à celui des USA ou de la France.
Nous sommes donc restés perplexes en apprenant que le salaire d’un « petit » ouvrier ne dépasse pas 20€/mois. Seuls les métiers touchant au tourisme sont ici lucratifs, les autres permettent juste de subsister. Heureusement la nature très généreuse leur procure quantité de nourriture. Ainsi devant beaucoup de maisons de tout petits étals proposent à la vente mangues, papayes, bananes ou ananas et aussi quelques légumes.
De retour à Cancùn, nous récupérons Vagabond et renouons avec internet car à Cuba, internet n’est accessible que dans les grands hôtels luxueux et encore certaines applications comme skype ne sont pas disponibles.
De retour sur les côtes du Golfe du Mexique, nous en profitons pour de bonnes baignades dans ses eaux chaudes, tout d’abord à Chachalacas puis à la Barra ,petit village de pêcheurs.
Nous faisons la visite du site archéologique de Palenque avec un guide Maya passionné qui nous apprend beaucoup de choses sur sa culture et la civilisation étonnament avancée pour l’époque. Chaque temple ou palais était construit avec une orientation bien précise pour qu’aux Solstices le soleil passe à travers certaines ouvertures signalant le moment de planter le maïs. Le nombre d’escaliers et de paliers était en relation avec le calendrier Maya…
Le Palacio dans lequel vivait dans le luxe le roi Pakal et sa famille avait l’eau courante pour les toilettes ainsi qu’un bain de vapeur !
Le serpent à plume et l’épi de maïs étaient des plus vénérés à en croire les nombreuses représentations sur les frises.
Seule une partie du site a été réhabilitée et notre guide nous amène dans la jungle où nous voyons de nombreux temples envahis par la végétation particulièrement dense.
Changement de décor avec la visite des cascades de Agua Azul agrémentée d’une baignade dans ses eaux claires.
Campêche est une jolie petite ville coloniale de bord de mer dont le centre est entouré de fortifications.
Pour nous rendre à Celestum, village coincé entre lagune et golfe du Mexique nous traversons des villages où les tricycles motorisés ou non servent non seulement de taxis mais aussi de véhicule familial ou de livraisons.
La mythique coccinelle qui fut longtemps fabriquée au Mexique est toujours bien présente dans les rues.
Les bacs permettant de passer d’une rive à l’autre des embouchures sont aussi très rustiques.
A Chichen Itza, autre site archéologique Maya plus tard occupé par les Toltèques nous avons admiré le superbe castillo entouré d’un grand nombre de constructions dont la plate forme des crânes sur la-quelle les Toltèques exhibaient les têtes des sacrifiés.
Quelques oiseaux que nous avons saisis dans l’objectif et qui chantent dés 6 h du matin.
Alain a voulu offrir un iguane à Françoise pour son anniversaire comme animal de compagnie, heureusement il n’est pas arrivé à l’attraper !!!
A Cancùn, nous laissons Vagabond pour aller passer 10 jours à Cuba.
Le site archéologique de Teotihuacan, à 40 km au Nord Est de la ville de Mexico, est impressionnant avec ses pyramides qui sont parmis les plus grandes jamais construites en Amérique précolombienne.
L’Allée des Morts qui traverse le site du Nord au Sud s’étend sur 4 km, avec de chaque côté de nombreux temples cachant les zones résidentielles. Cette cité aurait pu compter jusqu’à 200 000 habitants au temps de sa splendeur, ce qui en faisait la plus grande ville d’Amérique. Elle a été construite au début du Ier siècle et habitée jusqu’au VI ou VII ème siècle par différentes ethnies, dont les Mayas.
Les pyramides étaient enduites et décorées de peintures murales, comme en témoignent les restes conservés au musée du site dans lequel nous avons apprécié les nombreux braseros.
La visite de ce site grandiose nous a réjouis mais nous pouvons affirmer que les bâtisseurs n’avaient pas les bonnes notions de proportions pour les escaliers ! La montée au sommet de la pyramide du Soleil (la plus grande) est une bonne séance de sport !
Nous laissons vagabond à Teotihuacan et nous partons en bus pour le centre de Mexico. Quatrième plus grande agglomération du monde, avec plus de 20 millions d’habitants, la ville occupe un plateau à 2400 m d’altitude et à son approche on peut voir les maisons multicolores des banlieues qui se sont étendues sur les flancs des montagnes .
Nous nous déplaçons en métro, bus, taxi et bien sûr à pieds pour nous rendre au grand Musée National d’ Anthropologie dont la visite nous prend une bonne partie de la journée.
Dans le jardin en face du musée, nous assistons au spectacle d’ une troupe effectuant un cérémonial d’appel à la pluie en grimpant en haut d’un mât de 30 m et se laissant redescendre tête en bas, attachés à une corde qui se déroule lentement en les faisant tourner. Apparemment l’appel a été entendu puisque nous avons fini la journée sous la pluie!
Au centre historique, le Zocalo,est une immense place bordée par les monumentaux édifices que sont les bureaux du Gouvernement, le Palacio National et la Cathédrale Metropolitana. Pour finir la visite, nous continuons jusqu’au Parc Almeda qui recèle de nombreuses fontaines.
Le dimanche, les grandes artères centrales sont interdites aux voitures et un grand nombre d’habitants en profitent pour y pratiquer jogging, vélo et rollers.
Au Mexique, la vierge de Guadalupe fait l’objet d’une grande vénération. La Basilique de Guadalupe est un lieu de pélérinage qui reçoit des millions de fervents pratiquants, si bien qu’une nouvelle cathédrale bien plus grande a été bâtie juste à côté. L’ancienne cathédrale s’est spectaculairement enfoncée dans le sol. Sur la même colline, de nombreuses paroisses ont été construites parmi jardins et fontaines.
Nous partons de Mexico vers le sud pour nous approcher du Volcan Popocatepetl en empruntant le col »Paso de Cortés ». Nous montons par cette route jusqu’à 3660 m où nous atteignons la plateforme d’observation à partir de laquelle la route a été coupée car ce volcan toujours en activité laisse échapper des gaz toxiques. Nous sommes un peu déçus car les nuages sont accrochés à son sommet que nous ne pouvons que deviner.
C’est par un chemin qui serpente entre le Popocatepetl (5465m.) et un autre volcan’ l’Iztaccihuatl (5230m.) que nous descendons pour atteindre Cholula dans la vallée. Le lendemain, nous visitons la pyramide de Cholula et le temps s’étant arrangé, c’est de son sommet que nous pouvons admirer ce magnifique volcan avec son panache de fumée et ses neiges éternelles.
Nous allons visiter le site archéologique de Cantona. Avec un nom pareil, nous ne sommes pas surpris d’apprendre qu’il comptait 24 jeux de balles ! Ce grand site qui s’étend sur 12 km² était un des plus grands centres urbains de Méso-Amérique. A noter qu’à côté des jeux de balles se trouvaient des plateformes où se pratiquaient les sacrifices humains ! Sus au perdant ! (si à l’OM ils perpétuaient cette coutume, ils n’auraient plus beaucoup de joueurs en fin de saison!)
Une particularité de cet ensemble de constructions bien conservées est que les pierres de lave étaient empilées sans aucun liant, contrairement a tous les autres sites.
Après ces 20 jours passés en altitude, nous décidons de rejoindre les bords du Golfe du Mexique.